> Mag > Cinéma > Annecy Cinéma Italien, Palmarès 2013

Des films de qualité, une sélection très représentative de ce qu’est le cinéma italien actuellement et deux grands gagnants.

Le jury de la compétition Fiction avait de l’humour ce soir :
« Nous avons choisi les films primés avec méthode, notre travail a été intéressant et constructif ... Nous devrions être le jury permanent du festival ! »

Peut-être pour décompresser après trois jours de visionnage des films de fiction en compétition, et pour contre-balancer la noirceur de ces derniers.

Stéphane Freiss, membre du jury, déclare avoir été frappé par cette noirceur et par la récurrence des thèmes : solitude, violence, adolescence.
« C’est un message sur l’état de la société qui donne à réfléchir. »

Le jury, composé de cinq hommes, dont trois Italiens et deux Français, décerne le Grand Prix au film La prima neve, de Andrea Segre, ainsi qu’une mention spéciale pour son couple de jeunes interprètes Matteo Marchel et Jean-Christophe Folly.

Michele est un garçon de onze ans qui vit à Val de Macheni, dans les montagnes du Trentin, avec sa mère et son grand père paternel Pietro, apiculteur et menuisier. Dani, lui, est un jeune homme originaire du Togo qui a fui la guerre en Libye et est hébergé dans un centre d’accueil. Leurs vies se croisent lorsque Dani est envoyé pour travailler dans la menuiserie de Pietro. Au long de l’automne qui précède l’arrivée de la première neige, cette neige que le Togolais n’a jamais vue, Dani et Michele vont apprendre à s’écouter et à se comprendre.

Le Prix Spécial du jury revient à La variabile umana, de Bruno Oliviero, et le Prix d’interprétation masculine à Silvio Orlando, son protagoniste.

Pour supporter la vie, l’inspecteur Monaco s’est fixé des règles : ne plus avoir de contact avec les gens, ni avec la violence. Ne s’occuper que des papiers. Mais au commissariat, cette nuit-là, il faut enquêter sur le meurtre d’un certain Ullrich dans lequel se trouve être impliquéE sa propre fille Linda. Monaco devra choisir d’affronter sa fille en tant que père ou en tant que policier.

Le Prix d’interprétation féminine va à la jeune actrice Francesca Ferrazzo, dont c’est le premier rôle au cinéma, pour sa composition impressionnante d’une adolescente meurtrière dans Amoreodio.
« J’ai presque perdu ma santé mentale en tournant le film, essayant de trouver des explications et des excuses au comportement de mon personnage, alors que ces raisons ne peuvent juste pas exister. » Le jury a voulu récompenser le challenge qu’il fallait relever pour incarner ce personnage.

Le film raconte l’histoire de Katia, une jeune fille de 17 ans opprimée par des parents trop stricts et qui de surcroît éprouve une forte détestation pour la petite ville où elle habite. Son malaise profond se traduit par une recherche constante de transgression et l’entraîne, de même que son petit ami Andrea, dans une spirale d’immoralité.

Et aussi :
- Le prix SICAE, pour la promotion des films d’art et essai : Nina, de Elisa Fuksas.
- Le prix du public de la ville d’Annecy : La prima neve, qui rejoint donc le jury ...

Côté documentaire, il y avait là aussi de très beaux films et le jury a délibéré longuement avant de se mettre d’accord sur un choix de palmarès.

Finalement, le Grand Prix est remis au film Bimba col Pugno Chiuso, de Claudio Di Mambro, Luca Mandrile et Umberto Migliaccio.

Giovanna Maturano est une petite femme de 101 ans avec la joie de vivre d’une gamine. Elle est antifasciste, résistante et féministe. Dans ses paroles résonne l’Histoire italienne du XXème siècle, celle d’une femme qui a pris parti, qui a lutté pendant près d’un siècle contre le totalitarisme et pour une vraie justice sociale.

Giovanna est décédée le 23 août dernier. Ce film nous rappelle la nécessité d’être vigilant face à l’extrémisme. Il a été soutenu financièrement par plus de 400 personnes, dont une des filles d’Ettore Scola.

C’est Noi non siamo come James Bond, de Mario Balsamo, qui obtient le Prix Spécial du jury , car « nous non plus ne sommes pas comme James Bond » ... Film qui parle avec pudeur de la maladie sans jamais tomber dans le pathos, de la valeur de l’amitié même quand elle est difficile. On y trouve ce savant équilibre entre documentaire et fiction, propre aux films documentaires italiens.

Enfin, une mention spéciale du jury pour All’ombra della croce, de Alessandro Pugno, pour sa maîtrise d’un sujet difficile : la peinture d’un lieu dans lequel étudie une cinquantaine de collégiens qui reçoivent une éducation cherchant laborieusement à résister à la dérive laïque et scientiste de l’Espagne contemporaine.

Et le Prix du documentaire décerné par les lycéens : Le Cose Belle, de Agostino Ferrente et Giovanni Piperno, ou la difficulté de devenir adulte à travers les yeux de quatre jeunes adolescents napolitains.

Tous ces films sont projetés encore jusqu’à mardi 15 octobre, dans les salles du Décavision, des Nemours, de La Turbine, de l’Auditorium de Seynod et de la MJC Novel.

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