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Festival du Film d’animation d’Annecy 2014

Courts métrages en Compétition n°1

mardi 10 juin 2014 par Cédric Villain CC by-nc

Séance assez classique, thématique nounours, avec son lot de films abstraits et de productions narratives, techniques variées.

Invocation de Robert Morgan

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Un animateur se blesse en chargeant la pellicule de sa caméra. Il shoot ensuite une scène avec un ours en peluche. Le sang de la blessure coule à l’intérieur de la caméra et crée un clone sanguinolent de l’ourson dont la caméra accouche. Bizarre et gore, ma voisine s’est caché les yeux. Technique parfaite, personnage en cire ou dans une texture un peu opalescente. Sorte de Co Hoedman(en) trash le film a comme thème la création et est une sorte de mise en abîme de son sujet.
Film est visible en ligne

Le Sens du toucher, de Jean-Charles Mbotti Malolo

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Rencontre amoureuse entre deux sourds-muets. Le film en animation traditionnelle a une Folimage-touch très élégante, illustrative. Le film est surtout un incroyable film d’animateur, les ondes, les sons, les contacts, sont très bien rendus, c’est très sensuel avec une petite touche de fantastique, les personnages habitent le cadre de façon très chorégraphiée. Le son, toujours réduit au simple bruitage, avec une musique élégante de Camille, parfois subjectif et étouffé, est d’une grande efficacité. Je suis resté sous le charme de ce très très beau film.
Le site officiel du film.

Sangre de Unicornio de Alberto Vazquez

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J’ai détesté le film aux premières secondes de voix off gutturale et de musique hard montrant des petits oursons mignons et des licornes. Mais en fait le film, qui propose une sorte de Genèse pop, a des qualités dans les dialogues, et l’image n’est pas vilaine non plus. On suit donc deux oursons chasseurs à la recherche de sang de licorne, une prophétie disant que la fin de la dernière licorne amènera le règne du pire des animaux : l’homme. Trahison, mythe d’Abel et Cain et même temps qu’Adam et Eve, relations trouble de jumeaux, ce court est assez dérangeant mais d’une façon assez efficace et désenchantée.

Wonder de Mirai Mizue

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Le Mizue de l’année, financé par KickStarter, abstraction avec formes de tétards ou de spermatozoides, c’est très organique, au rythme d’une musique un peu folk de PASCALS, dessins coloriés à la main mais il y a à la fin des séquences plus plasticiennes, avec des touches de peinture larges un peu différentes de ce qu’on a déjà pu voir de cet auteur. Le film est assez long mais je n’ai pas vu passer le temps. Ça m’a évoqué le Love&Theft de Andreas Hykade.
Voir la bande annonce.

Sneh de Ivana Sebestova, Slovaquie France

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Une serveuse attend les lettres de son amant parti étudier la neige de par le monde. Elle les lit à ses clients qui deviennent des habitués et attendent les lettres avec elle. Mais… je ne sais pas si je dois révéler la fin, assez prévisible tout de même, ça parle de l’écriture et de l’écrivain, qui imagine le monde tout en s’y soustrayant.
C’est du cutout numérique un peu désuet, l’animation est assez étriquée et le film est parsemé de clichés sur la vie, l’amour, les voyages, la révélation.
Pas inoubliable.

La Faillite de Jean-jean Arnoux

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Un homme danse sur un fond neutre. Il se dédouble, ses vêtements dansent seuls, il est nu et danse toujours. Label "WTF" mais j’ai bien aimé cette petite production de Chez Eddy. Le blog de l’auteur.


Marylin Miller de Mikey Please

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Encore une histoire de Genèse, une créatrice, modeleuse, sculptrice, crée le monde, les planètes, les galaxies, les montagnes. On la voit ensuite dans son atelier. Elle doute puis par maladresse détruit une de ses oeuvres. Prise de rage elle détruit les autres. On la retrouve dans une galerie en train de faire des performance destructrices devant des bobos admiratifs.
Cynique et assez drôle, ce film est dans la même technique toute blanche de the Eagleman Stag, c’est élégant et plutôt amusant mais je ne suis pas hyper enthousiaste.

Nul Poisson où aller, Nicola Lemay et Janice Nadeau

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Le nettoyage ethnique expliqué aux enfants.
Une fillette d’un foyer persécuté parvient à refourguer son poisson à une copine, fille de persécuteur. La petite note d’espoir dans le rideau de larmes.

Animation 2D pas vilaine, quelques principes de mise en scène habiles, mais c’est à la fois un peu long dans les scènes et le déroulement narratif, et un peu court pour approfondir, sans compter l’accumulation de stéréotypes (le maître et sa mappemonde, le coup de feu qui signe la mort du père, les souliers rouges...).
La page officielle sur le site de l’ONF.

Billet paru initialement sur le site des Fous d’anim

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