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Elysian Fields, chaud et lumineux...

mercredi 15 juin 2016 par Anne Emeraud CC by-nc

Le 28 mai touchait à sa fin la Suffragette Week organisée par la Tannerie à Bourg. Une semaine de débat, concerts, diffusion de films ; une semaine « dédiée à l’expression et la lutte des femmes ».
Le 28 mai dernier, Elyisan Fields jouait à la Tannerie.

Il y a des concerts qui restent en vous longtemps, qui distillent leur souvenir patiemment, des jours et des jours après.
Étrangement, ces concerts sont souvent ceux sur lesquels il y aura le moins de choses à dire. La justesse n’est pas qu’une affaire de note, de chant, ou de technique. La justesse se trouve aussi dans le moment où l’on rencontre un groupe. Le bon moment.

Je vous préviens, au moment d’écrire cette chronique, je suis prise de doute, d’hésitation ; je me sens mal à l’aise car je n’ai pas grand’chose à dire. Je vous vois sourire d’un sourire narquois, votre idée déjà toute faite sur le sens de ce « rien à dire ».

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- Elisyan Field @ Tannerie
© Gilles Garrigos

Ne vous méprenez pas : le concert d’Elysian Fields m’a plu, et pas qu’un peu. Je m’y suis sentie bien, apaisée, comme rarement. J’ai senti ces petits mouvements de plaisir simple à me trouver là, et écouter le groupe proposer.
Oui, mais comment vous dire ce qui s’est passé ? Tout cela est très (trop) personnel, pour que je vous le livre dans cette chronique.
Alors bon, voilà, je vais vous dire qu’Elysian Fields est un groupe américain qui opère depuis 1995.

Oren Bloedow et Jennifer Charles sont les piliers de ce groupe. « Ghost of No », leur dernier album est sorti en mai dernier.
Je voudrais vous dire aussi que, pour la tournée, Sarah Murcia, excellente contrebassiste [1] les accompagne ainsi que le batteur Chris Vatalaro.

Je vais vous dire que vous pouvez écouter les albums d’Elysian Fields avant ou après un de leur concert, vous retrouverez sur scène les mélodies feutrées, lentes, tirant sur le jazz, la folk ou une sorte de pop mélancolique et même psychédélique, à certains moments. Et là-dessus, il n’y a rien d’autre à dire puisqu’il s’agit de l’identité même du groupe, celle qu’il travaille, celle qui fait qu’on reste à leur écoute ou pas...

La voix de Jennifer Charles, c’est quelque chose aussi. Jennifer Charles, c’est quelque chose, de toutes façons. Elle est comme sa voix, feutrée aussi, nonchalante ou tranquille, c’est selon votre humeur. Lorsqu’elle arrive sur scène, lorsqu’elle regarde le public, le remercie, lorsqu’elle ondule calmement sur les morceaux, lorsqu’elle sourit... on pourrait dire qu’elle irradie comme un soleil d’hiver. Pour ça, c’était bien.
Il y avait très peu de monde ce soir-là, mais le groupe a réussi à diffuser cette chaleur, la chaleur nécessaire à ces moments dépouillés. Pour ça, c’était bien.
Je me suis laissée emmener par Elysian Fields, ce soir-là. Je me suis surprise à éteindre la vigilance qui tient mes yeux ouverts dans les concerts. J’ai donc fermé les yeux, j’ai plongé.

Pour ça, c’était bien.

Portfolio

Notes

[1elle a sorti récemment un très bon album : Never Mind the Future, reprises et transformation de l’album Nevermind the bollocks des Sex Pistols

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