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Sur la Route

Exploration de la Suisse.

mardi 18 janvier 2011 par Franz Narbah Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Annonce et présentation d’une rubrique consacrée aux récits de voyages d’un explorateur français dans la jungle des sites culturels Suisses.

Où comment un internaute français, n’écoutant que son courage et imbu d’un humanisme excluant les idées reçues et les à priori racistes et xénophobes, s’élance en exploration dans la Suisse profonde.

Taillant son chemin à la souris dans la jungle des sites culturels, il y rencontrera des monstres de toutes sortes : groupes de musique contemporaine, quatuor à corde, groupe heavy-métal, fumeurs de pétards, vénérables institutions, galeries haut-de-gamme et autres opéras baroques.

Avec la ferme intention de remplir jusqu’au bout une mission pacificatrice, sans pour autant défendre aucune cause humanitaire.


“Je hais les voyages et les explorateurs“

Claude Lévi-Strauss in Tristes Tropiques


Un point de vue bien français.

Je suis français,. mon point de vue sera donc français. Je n’ai pas le choix. [1]

Pourtant, dans un soucis d’équité, j’aurai pu présenter également le point de vue Suisse. J’ai même songé un moment à prendre un second pseudonyme et à contre argumenter moi-même mes propres articles.

Mais la chose aurait manqué de déontologie et de toute façon nécessitait beaucoup trop de labeur.

Vous l’aurez compris, j’ai renoncé à me contredire moi même car mes jugements sont tellement empreints de pertinence que la tâche était trop ardue.

Revenons à nos coucous.

Une base idéologique solide.

Pour faire comprendre l’esprit qui devra animer cette chronique, je tiens à citer en préalable—même si la chose manque un peu de modestie— quelques sentences bien senties extraites de l’un de mes ouvrages dont je vous recommande chaudement la lecture.
 [2]

Citation 1 :
Si les Français étaient Suisses, et les Suisses Français, le problème de la culture transfrontalière serait depuis longtemps résolu.

Citation 2 :
Si les Français parlaient moins vite, ça leur permettrait de réfléchir : ils diraient alors moins de bêtises.

Citation 2 :
Si les Suisses se dépêchaient un peu plus pour réfléchir, ils se rendraient compte qu’ils ont beaucoup de bêtises à dire en retard.

Il me semble que grâce à ces trois citations, le fondement idéologique de cette chronique est posé. Reste à laisser le vent qui souffle à travers la montagne nous rendre fou.
 [3]

Idées reçues : la lutte continue.

Quelques idées reçues (en France) [4], sont que la Suisse est un pays en chocolat parfaitement à l’heure (à l’apéritif).
La lenteur y est telle que pour être à temps (à l’apéritif), le mieux est encore de prendre le temps de remettre les pendules à l’heure avant de prendre rendez-vous, surtout si l’on habite dans un squat d’artistes à côté d’une galerie d’art blindée protégée par le secret bancaire des chèques arabes et qu’on a prévu de faire des courses à la Migros avant pour s’acheter une montre et donner de l’argent à blanchir au dealer du coin sur le parking.

Partant de ce constat, ce serait aller un peu vite en besogne que de conclure que la Suisse est un pays de montres en chocolat trempées dans du fromage fondu !

Nous aurons donc à cœur de remettre les pendules à l’heure à chaque seconde !

Suisse/France, même combat.

J’ai beau être français et fier de l’être, force m’est de constater que d’antiques liens culturels nous unissent aux Helvètes depuis la nuit des temps modernes.

Tartarin, le grand Tartarin, le plus français de tous les Français ne s’est-il pas rendu en Suisse pour tenter l’ascension de la Jungfrau ? N’y a-t-il pas rencontré des révolutionnaires russes dirigés par la séduisante et farouche Sonia ?
 [5]

Tintin lui même— un belge, soit, mais qui a porté la splendeur de la langue française (bachi bouzouk, anachorète, sapajou) de par le monde—n’est-il pas descendu—ainsi que Haddock et Tournesol—à l’Hôtel Cornavin à Genève ? [6]

L’écrivain Russe Lénine lui même, à résidé en Suisse ! [7] Et après cela on dira que ce n’est pas une terre d’accueil, au même titre que la France voisine.

A-t-on jamais vu l’équivalent de la police de l’air et des frontières Suisse renvoyer un arabe du Bahrein , du Koweit ou du Qatar à Dubai ou ailleurs ?
Et après cela on va accuser la Suisse d’être xénophobe !

Nous-nous engageons à lutter pour que soit proclamée l’égalité absolue du génie Suisse et du génie Français.

Rendre à la Suisse ce qui lui appartient.

Il faut rendre en effet justice au génie Suisse. [8]
Particulièrement dans le domaine culturel où la taille modeste du marché contraint trop souvent les talents à s’exiler. [9]

La justice commande d’établir toute la lumière sur des réalités historico-culturelles comme l’enlèvement de Charles Trenet, Jean-Luc Godard, Tinguely, Vallotton, Cendrard, Madame de Staël, Jean-Jacques Rousseau et Arthur Honegger par le milieu maffieux de l’intelligentsia parisienne…

Quid du vol de la recette du gruyère et de la fondue par les Savoyards ?

Souvenons-nous des Suisses et Suissesses détournés, récupérés, arnaqués, barbotés, carottés, chapardés, chipés, chopés, , dérobés, détournés, estampés, fauchés, filoutés, ravis, soutirés, spoliés, subtilisés, par tous les pays du monde. Citons encore, pour faire bonne mesure (le premier exemple surtout), que Ursula Andress, Louis Chevrolet, Le Corbusier, Ferdinand de Saussure…
Hermann Hesse, Conrad Ferdinand Meyer, Klee, Arp, Giacometti, Arthur Honegger, étaient tous Suisses. Pour une fois, on a pris des germanophones et Tessinois ; mais bon !

Nous savons bien que la culture suisse ne se réduit pas à Ernest Ansermet, Ella Maillart, Ramuz, et le chocolatier Suchard ! Même si leur qualité n’est pas contestable, bien loin de là !

Oui, répétons-le (mais peut-être ne l’avons nous pas encore dit ?) : la culture, c’est l’enjeu des propagandes politiques, le fer de lance de l’image des nations !

“Pas de bras, pas de chocolat” dit le proverbe français. [10]

Et bien, notre mission avouée, c’est d’être le bras armé d’humour de la culture Suisse de l’autre côté de la frontière.

Une barrière linguistique surmontable

Il faut que chacun y mette du sien.
Parler Suisse pour un Français n’est pas insurmontable.
J’en veux pour preuve le grand nombre de travailleurs immigrés d’origine savoyarde et même issus d’autres régions de France, qui ont su se faire apprécier de la clientèle suisse dans les postes les plus variés.
Parler français pour un Suisse est encore plus facile puisque que les habitants de la patrie de Molière comprennent aisément "septante", "octante" et "nonante", même lorsqu’il sont issus des couches populaires.
Pourtant, chacune de mes traversées du Foron à Annemasse m’est une incomparable aventure.
Voici en quelques mots, expliquée vers quoi cette chronique se dirige : renforcer les liens d’amitié entre nos deux peuples.

Prochainement : Exploration de www.darksite.ch

Notes

[1Mais je ne demande pas mieux que d’ouvrir nos colonnes à un alter ego helvète (en vérité je le cherche activement cet ami plein de verve), qui pourrait porter un regard critique et moqueur sur nos travers à nous Français, coqs donneurs de leçons coiffés de bérets, baguettes sous le bras. Nous dont les ancêtres Gaulois nous ont enseigné à parler plus vite que nous ne pensons.

[2“Si tu demandes pas, t’as pas.”, dictionnaire des locutions tautologiques suisses.
Ouvrage inachevé - Auteur Épuisé.

[3Ceux qui ont déjà senti un vent soufflé par un fondement me comprennent, n’est-ce pas ?

[4Les idées reçues sont comme les lettres anonymes, on ne sait pas qui les envoie et elles contiennent parfois des bombes.

[5Tartarin sur les Alpes - Hugues Le Roux.

Daudet n’y a rien apporté, son éditeur l’ayant payé 100.000 francs pour qu’il signe cette suite écrite par un "nègre".

[6L’affaire Tournesol - Hergé.

[7Un obscur propagandiste qui fera une carrière politique dans un pays étranger par la suite.

[8En échange, la Suisse serait bienvenue de rendre son héritage à mon cousin Goldstein. Une erreur d’écriture et une accumulation de frais de dossier injustifiés ayant totalement vidé le compte de Papy Slom disparu en 1942.

[9En revanche, phénomène étrange et inexpliqué, les talents confirmés du monde entier ont tendance à converger vers la Suisse avant l’âge de la retraite.

[10Pour ceux qui ne la connaissent pas (c’est aussi ça exporter la culture française à l’étranger) :

– Maman, je peux avoir du chocolat ?

– Il y en a dans le placard, va donc te servir.

– Mais Maman, je peux pas, tu sais bien que je n’ai pas de bras…

– Pas de bras, pas de chocolat ! »

deuxième chute :

– Non, c’était une blague... Tiens, attrape !

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