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Caribana Festival 2014

La montée en puissance

dimanche 15 juin 2014 par Pierre-Marie Chaffotte CC by-nc

La programmation du Caribana de cette année était déjà en soi une réussite, la présence des Queens of the Stone Age ce jeudi 5 juin engendrait forcément celle du grand fan que je suis.

Nous voici donc à l’entrée d’un superbe site… Mont Blanc bien en face, sur les bords du Léman. Un certain cachet, une classe évidente pour ce site, qui se prête effectivement bien à une programmation rock alternative, electro, éclectique soignée…bien plus qu’à un festival punk.

En semaine, le public, détendu, et souriant après sa journée de travail ou de soleil, lunettes vissées sur la tête, arrive progressivement…

Aliose, en douceur

Bien que devant un parterre encore clairsemé, Aliose, formation nyonnaise commence la soirée, accueillant les visiteurs tout en douceur, tout en simplicité. On les sent heureux d’être là, délivrant sans pression leurs mélodies fragiles, progressives qui parfois se finissent en véritable explosion rock.

Une bonne surprise et un intérêt certain du festival pour les groupes locaux qui fait plaisir, puisque avec une heure de set complet, bien qu’ayant été ceux qui ont eu le plus chaud assurément et le soleil dans la figure, ils s’en sortent très bien, et ont trouvé un public attentif…


Kodaline, grosse machine en devenir ?

Kodaline ouvre 1 minute après la grande scène : enchaînement direct des deux scènes est très appréciable et permet de goûter aux changements d’ambiance au sein du public.On sent que Kodaline a avec lui son armée de fans, souvent jeunes, avec des affiches de soutien et d’amour au chanteur dublinois.

Même si la pop délivrée par les 4 irlandais ne sort pas vraiment des sentiers battus…surtout ceux du Coldplay estampillée grosse explosion commerciale époque post Parachutes, on se prend assez vite à secouer la tête car l’on ressent la sincérité et la fraîcheur dans leur jeu…Ils sont très très bons.
Le set avance, des surprises en ressortent comme l’utilisation de l’harmonica, de la mandoline, du banjo. Seraient-ils finalement plus proche des excellents Travis que de Coldplay ? Une grosse machine en devenir en tout cas. Peut-être un tout petit peu plus de prise de risque et ce serait parfait.


Pause ravitaillement

Je vous avoue avoir fait ma pause diner/boisson pendant la prestation des très jeunes Georges Barnett…
La présentation officielle annonçait…atmosphère oscillant entre Justin Timberlake et Nine Inch Nails…je cherche toujours le grand écart…surtout du côté Nine Inch Nails…Bref un jeune boys band en pleine recherche de maturité…seule fausse note à mon sens à la progressivité et au bon ton de la soirée…

Miles Kane, électrisant

LA très très bonne surprise de la soirée est Miles Kane : connaissant pour ma part sur album. J’avoue avoir réellement découvert un Miles Kane de gala sur scène. Lui et ses musiciens assumant totalement son dandysme so british et son revival de britpop alternatif…et ça marche. Les hymnes sont là, repris par le public, renforcés par une basse puissante et omniprésente, à la façon d’un Kasabian.

Miles Kane et son pantalon rayé harangue la foule, joue avec, se dandine lors des tubes Come Closer ou Don’t forget who you are…qui ont clôt un set électrisant, marquant…sexy en diable…du rock british, du vrai, qui vient de très loin, et s’insinue longtemps en tête.

Une fin de soirée en clin d’œil aux Arctic Monkeys, puisque Miles Kane, Ex-Last Shadow Puppets en compagnie de son ami Alex Turner [1]. Le même Alex Turner qui est allé cherché Josh Homme comme producteur de son dernier album pour assommer les radios de tubes…Bref le microcosme du rock se reforme facilement en Suisse, en témoigne la franche accolade de Miles Kane à Josh Homme en toute fin de concert…


Josh Homme et sa clique

justement parlons-en…

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Divas aimant se faire désirer ? les Queens of the stone age arrivent finalement, après un petit contretemps détendus à minuit, devant un parterre plein, serré, chauffé par la progression de la soirée dans le rock montant de décibels et en bpm progressivement.

Progressivement, tout est relatif puisqu’en ouvrant par Millionnaire, le ton est donné...
On se rend compte qu’effectivement que le public est là en connaisseur…hurlant les paroles des refrains, pas totalement couvert par un son très bon en façade, et surtout avec un volume très bien dosé ne provoquant pas les acouphènes inhérents à ce genre d’exercice, ce qui est très appréciable.

Surtout sur le solo de batterie de John Theodore sur Song for the Dead...ressentir le bruit sourd et puissant de chaque fût est très appréciable, voire indispensable...

Fidèles à ce que l’on attendait d’eux, détendus, heureux, clôturant de manière superbe cette belle soirée avec une liste de morceaux nerveuse, compacte, jouissive pour finir de vous accrocher le sourire…

Bon il est tard…le Mont Blanc s’est couché il y a un moment…il faut rentrer…boulot demain…On recommence quand ?

Portfolio

Notes

[1Chanteur et leader des Arctic Monkeys

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