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Le punk est un jeu d’enfant

dimanche 5 novembre 2017 par Gilles Bertrand, Tom Rad-Yaute CC by-nc

Pas de pitié pour les bambins ! Pouët a mené son concert au Brise-Glace pied au plancher, devant un public enthousiaste où la parité enfants-adultes était parfaitement respectée.

À peine entré sur scène, le bassiste lance une rythmique punk soutenue. Distortion, volume poussé - dans la limite acceptable avec des enfants. Entre les morceaux, blagues qui s’enchaînent. Pouët prend les enfants par la main mais ne les prend pas pour des mioches.

C’est que Pouët est un vrai groupe de rock – ou de chanson-zouk-punk-trad, comme on voudra. Un groupe avec des thèmes enfantins, c’est sûr, mais où on retrouve aussi, dans l’expression débridée et l’énergie brute, quelque chose de Pigalle et des Garçons bouchers.


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Pouët - Brise-Glace@Annecy, Octobre 2017
© Gilles Bertrand

Impossible d’ailleurs de dire qui des parents ou des enfants goûtent le plus les « tubes » du groupe.
« Pouët », bien sûr, et ses airs de fest-noz électrique malgré un problème de pile de la vielle à roue. Ou « Dans la salle de la cantine de la rue des Martines », version enfantine du fameux morceau de Pigalle, acclamée par les parents ravis. Seul petit regret : l’absence de « En boîte », disco goguenard dont il aurait été intéressant de voir l’effet sur la salle – où alors je l’ai raté lors d’une des multiples pauses pipi de ma fille.

Dans la fosse, d’abord assis puis de plus en plus debout au fil du concert, les bambins le regardent avec un œil amusé et un brin incrédule. Ce gros garçon aux cheveux rasés, qui raconte des trucs rigolos et gonflés (« Moi, j’aime pas ma maman ! »), qui se met en scène dans des chansons où on a le droit d’être gourmand (« A y est, c’est bientôt l’heure du goûter »), maladroit (« J’ai deux mains gauches », « Moi j’aimerais, comme à la télé, jouer au foot avec les pieds ») et d’aimer les choses sales et bruyantes (« Si on m’avait dit que c’était çà la campagne »).
Il sort de temps à autre des instruments tous aussi incroyables les uns que les autres, dont il égrene les noms avec gourmandise : un violon minuscule, un flutiau irlandais, un biniou antique qui « fait un son absolument horrible » et bien d’autres. Il a l’âge de papi mais on a surtout très envie qu’il devienne un copain.

Alors on jette un coup d’oeil en arrière, vers les parents, l’air de dire « Je peux ? » Et on se lève, on s’avance vers la scène et, au milieu de nouveaux copains et copines, on va danser et voir d’un peu plus près ces musiciens, qui nous parlent comme personne d’autre.

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