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Lord of Patamod

vendredi 13 juin 2014 par Olivier Dutertre CC by-nc

Peter Lord, fondateur du studio Aardman, et actuellement en pleine préparation du long métrage Shawn the sheep, est venu d’exprimer lors d’une conférence à la chambre des Métiers qui permettait de comparer les approches de Aardman (Wallace et Gromit, Chicken run) avec celles des studio Laika (Coraline).

Reprendre l’historique des Studio Aardman déborderait du cadre de cette intervention, aussi M. Lord donne quelques jalons. La première animation, créé à l’age de 15 ans en 1972 et achetée par un programme TV destiné à des jeunes sourds. La signature d’un contrat pour 7 ou 8 courts métrages et c’est à ce moment que Peter Lord s’est orienté vers la pâte à modeler, idée qu’il a prise après avoir vu un court US en patamod (reference manquante).

Le modelage à amené un certain succès, tout en restant une activité amatrice. Ce n’est qu’en 1976 que cette activité à pu devenir a plein temps, avec la création du personnage de Morph.

Un second concept emprunté a un intervenant de la région de Bristol, était de travailler sur des sons enregistrés préalablement et auquel une animation est ajoutée. Il décrit cela comme étant du documentary sound, démarche inaugurée sur un projet autour de l’Armée du Salut. La technique sera reprise 7,8 ans plus tard par Nick Park pour l’excellent Creatures comfort. Cette technique est d’ailleurs toujours couramment utilisée, en particulier au royaume-uni sur les films de fin d’étude.

Aardrman est à ce jour une grosse structure, avec 180 permanents mais parfois jusqu’à 500 personnes lors de gros projets. Le studio est réparti en 5 départements différents pour assurer la viabilité, avec une activité en expansion sur les applications, jeux et publicités ; cette activité est la plus fun & creative, même s’il reconnaît être un peu dépassé.
Les plateforme de levée de fond lui paraissent pas contre une très bonne direction en cela qu’elles permettent de rompre l’isolement des animateurs lors de la phase initiale des projets.
Les gros projets notoire du studio qu’il a évoqué sont une mise en image commémorative de l’album Dark side of the moon, un projet contributif pour la Tate Gallery, et une œuvre de charité pour les hopitaux pour enfants de Bristol (avec vente aux enchères de statues de Gromit personnalisées par des artistes).

Le gros projet du moment du studio est un premier long métrage sur le personnage périphérique de Wallace et Gromit qu’est Shawn le mouton. Il joue sur cette entreprise un rôle d’executive producer qui lui permet de suivre d’un peu loin (et d’être présent ce jour).
Les séries TV sont devenues de big business dans le courant des années 80, même si le nombre réalisé par Ardmaan est resté délibérement assez limité.

Peter Lord insiste sur le refus renouvelé d’avoir recours à de la sous-traitance délocalisée. Cela coûte cher et les films ne trouvent leur équilibre financier qu’à moyen/long terme, après des pertes initiales. Il réitère la grande attention qu’il porte au fait de maintenir l’intégrité du studio, en particulier de ne pas laisser le fossé se creuser entre les départements artistiques et commerciaux.

Questionné sur la technologie d’impression 3D, PL répète son attachement à la plasticine et estime que la technologie amène une perte de finesse. Pragmatique, il reconnaît cependant que cela peut être utile pour libérer du temps sur les parties de l’animation qui nécessitent le plus d’attention.

À l’heure ou l’animation 3D tend vers une esthétique d’animation en volume, il reste délibérément en 12 images/sec, car il y a quelques chose de « simple et profond dans la magie » des marionnettes, qui est perdu avec l’image informatique. C’est la part d’honnêteté pour laquelle il souhaite continuer à se battre.

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