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Paléo Festival 2019

-M- a ravi l’Asse

lundi 29 juillet 2019 par Luis Amla CC by-nc

C’est une bien belle affiche qui nous attend sur la Grande Scène du Paléo en cette deuxième soirée du festival. Aussi éclectique musicalement que géographiquement dispersée, jugez plutôt : l’ethno-folk de l’australien Xavier Rudd, le guitar-hero français Matthieu Chedid et enfin la très attendue star californienne Lana Del Rey, si rare dans nos contrées.

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Xavier Rudd - Paleo Festival@Nyon, juillet 2019
© Amdo Photo

Tout débute à 18h45 précises avec le concert de Xavier Rudd, accompagné pour l’occasion d’un groupe complet, et d’un imposant didgeridoo trônant en milieu de scène. Le multi-instrumentiste australien, pieds nus, sur-tatoué, a l’allure d’un surfeur hippie, la petite coupe mulet en prime.

Empoignant tantôt guitare électrique, acoustique ou guitare lap steel, il livre un set captivant mêlant et alternant différents styles musicaux, de l’électro-tribal à la folk en passant par le rock.

Son impressionnante maîtrise du didgeridoo finit par scotcher le public sur bon nombre de morceaux. Le concert s’achève sur le somptueux « Spirit Bird » que Xavier Rudd jouera cette fois-ci seul sur scène, à la guitare acoustique. Envoûtant.



Le soleil commence à décliner lorsque Matthieu Chedid fait son apparition sur scène, seul. Durant les premiers morceaux, le public s’attend à l’arrivée de musiciens, mais ceux-ci ne viendront jamais. En lieu et place, ce sont des instruments-automates, deux batteries et un piano, qui assureront l’accompagnement du talentueux guitariste français. Ce dispositif, à la fois original et génial, permet à Matthieu Chedid d’exprimer tout son talent et d’offrir à -M- une grande scène pour lui tout seul, qu’il investit avec classe et charisme, en assurant guitare, basse, chant et percussions.


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M - Paléo Festival@Nyon, juillet 2019
© Amdo Photo

Au fil des morceaux interviendront pas moins de six changements de costumes, d’autant de coiffures « à la -M- », et d’une dizaine de guitares. Le résultat est un spectacle grandiose qui fait vibrer le public, apparemment connaisseur et à l’évidence conquis. Le son à lui seul ne suffit pas à expliquer une telle réussite, la mise-en-scène (mise en scène) et les artifices y tenant une place de choix : scénographie modulée et changeante au fil des morceaux, éclairages subtilement travaillés et lumières hypnotiques, images en temps réel ou stylisées projetées sur l’écran posé en fond de scène, en plus des automates mentionnés précédemment ressemblant autant à des oeuvres d’art qu’à des instruments de musique.

Le final n’est pas en reste. Composé de « Machistador » et de « Bal de Bamako », étirés sur une vingtaine de minutes, c’est toute l’équipe de techniciens de la Grande Scène qui est invitée sur le plateau pour se livrer à une battle de danse, relayée par les écrans géants latéraux. Avant de disparaître, -M- s’adressera au public une dernière fois pour le remercier et lancer un « Paleo 2019, un grand cru ! ». Nous pourrions aisément lui retourner le compliment.

La soirée semble aller crescendo et après Matthieu Chedid vient le tour de celle que tout le monde attend depuis l’annonce de la programmation trois mois plus tôt, Lana Del Rey. C’est dans un décor simulant une espèce de Californie kitch que la star américaine fait finalement son apparition sur la Grande Scène, avec un quart d’heure de retard sur l’horaire annoncé.

Le contraste avec le concert précédent, celui de Matthieu Chedid, est saisissant. S’il est indéniable que Lana Del Rey est dotée d’un magnétisme naturel et d’une sensualité innée que beaucoup doivent lui envier, tout dans sa prestation de ce soir nous apparaît artificiel et distant : le décor, ses poses lascives, ses déplacements sur scène, et jusqu’à sa voix, par moments à peine audible ou semblant parfois doublée en playback. Une partie du public finira d’ailleurs par se désintéresser avant l’heure. Quant à Lana Del Rey, elle quittera elle aussi la scène un quart d’heure plus tôt que prévu. Finalement un peu décevante, la star américaine n’aura pas incarné l’apothéose finale tant espérée.

Toutes les photos © Amdo Photo

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