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Monastère sonique

mardi 21 janvier 2020 par Piotr Skotnicki CC by-nc

Retour sur la prestation intense des Psychotic Monks, au Brise-glace, lors d’une soirée triple affiche réjouissante, entre le kraut rock supersonique(sic) des Korto et le brit rock éclectique des MNNQNS.

La scène est sombre et les drones rampants qui suintent des amplis accompagnent les quatres moines pour leur entrée en scène.

Ils ont cette ambition là, les moines. Créer le moment. Et pour y arriver, ils prennent la scène sans une hésitation, sans réciter, en se jetant à corps perdu sur leurs instruments et leurs chansons. On peut penser à Fugazi, à cette prise de scène là, physique, politique, brutale et vraie. On peut penser aux Deity Guns, à cette liberté sonore, à cette poésie violente et belle.


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the Psychotic Monks - Brise-Glace@Annecy, nov 2019
© Lionel Fraix

Ils prennent leur temps, construisent peu à peu le début de ce concert, se laissent emporter, s’abandonnent. Il en sera ainsi pendant tout le set. Les garçons se font face, leurs regards se cherchent, se croisent. Le son est chouette, entier, puissant. Les amplis craquent, les guitares se tordent, les claviers enveloppent la batterie.

On pourrait chercher les références, mais les chansons de leurs deux albums, Private Meaning First et Silence Slowly and Madly Shines, s’enchaînent, se télescopent et ne nous en laissent pas reprendre notre souffle.

On bouge ensemble, on plonge dans cet univers chaotique, au croisement d’un garage psychédélique, d’une noise new yorkaise, d’une froideur toute britannique qui nous renverrait presque dans les années Thatcher. Puis l’on ne sait pas trop où l’on est et c’est tant mieux, parce que ce n’est pas la question. On s’oublie.

Les voix se mélangent, noyées dans les delays, les éclats des guitares percent les nappes sinueuses du clavier, la batterie couvre les bruits qui trainent. On est happés par le son, on est baignés de lumière, on ne cherche pas d’explications et tout se calme finalement.

Ce soir, on aura été un peu hors du temps et à la fois totalement immergés dans l’instant. On en sort éblouis, étourdis et vivants. Merci les Monks de nous avoir invités.

Toutes photos ©Lionel Fraix

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