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Cosmo Jazz 2015

Peirani / Parisien au pied du mur

mercredi 29 juillet 2015 par Nathalie Marçot, Olivier Dutertre CC by-nc

C’est là qu’on voit le bon artisan. Les deux compères n’ont pas fait mentir l’adage au pied du mur d’escalade du Brévent.

C’est dans une ambiance détendue que Vincent Peirani et Étienne Parisien sont arrivés sur le site du Brévent, perché à 2525 m d’altitude, au pied d’une falaise d’escalade avec vue imprenable de chaque côté sur les Aiguilles Rouges et le massif du Mont Blanc.

Après quelques rapides tests d’acoustique, où l’on constate que la falaise amplifie efficacement le son, le public éparpillé sur les rochers encourage les musiciens à commencer.

C’est par le morceau de Sydney Bechett « Egyptian Fansasy » repris dans l’album La belle époque que les deux musiciens entament un concert de toute beauté dans ce décor pour le moins minéral.

André Manoukian ne s’est pas trompé en présentant les deux musiciens comme des tricoteurs musicaux. Leurs mélodies virevoltent, se répondent et s’entremêlent avec virtuosité.
Tour à tour à l’unisson, ou se lançant dans des contrepoints virtuoses, les deux musiciens se mettent au service l’un de l’autre alternativement selon les morceaux.

La complicité qui lie les deux musiciens est manifeste et leur prestation est clairement sous le signe du jeu, comme par exemple quand les deux musiciens marquent une pause pour laisser passer un basset débonnaire à leur pied, qu’un hélicoptère survole le site ou qu’ils enchaînent des fausses fin sous l’hilarité du public.

Le concert se poursuit par quelques compositions de Vincent Peirani, un peu plus complexes harmoniquement, et donc d’un abord moins direct. L’attention se dissipe un peu dans le public, puis Song of Medina renoue le fil de mélodies plus faciles d’approche.

Une ovation méritée et quelques rappels plus tard, le public s’egaille et redescend dans la vallée. Le duo quant à lui salue chaleureusement la montagne en remerciement de son écoute attentive.

    La minute scientifique

    La diversité géologique locale contribue à l’originalité de ce festival. En effet, ce cirque naturel du Brévent composé d’orthogneiss ordovicien a su mettre en valeur ces deux musiciens virtuoses en amplifiant naturellement cette musique entraînante, et ce ne sont pas les falaises dissimulant de grandes fractures, signes d’une terre vivante, qui ont dénaturé le site, bien au contraire. Il faut noter l’audace du festival de proposer de tels environnements pour écouter des artistes de qualité.

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