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Musiques en Stocks 2014

Peter von Poehl

lundi 30 juin 2014 par Joëlle Fantoli CC by-nc

Pour la sortie de son dernier album Big issues printed small, le gentleman suédois Peter Von Poehl a répondu à des questions posées par la contributrice de Lords of Rocks. Entre bonne humeur, rires et simplicité, le musicien parle de lui et de ses projets. Entretien.

Pour cette interview, j’aimerais beaucoup qu’on parle de ton dernier projet. Dis-moi comment s’est passé le processus depuis l’écriture des morceaux jusqu’au moment où tu as enregistré ?

Peter : En fait, au départ j’ai proposé de faire un concert avec un orchestre, c’était en été 2010. Du coup j’ai tout de suite appelé un ami à moi, Martin Hederlös, qui est arrangeur d’orchestre. On s’est mis au travail tout de suite, j’écrivais des chansons, je lui envoyais des idées et vice-versa. Comme un brainstorming à distance.

Du coup, déjà en 2010, on avait les chansons qu’on a jouées avec une quarantaine de musiciens. C’était les dix morceaux que tu retrouve aujourd’hui sur le disque. La matière existait déjà en fait. Si je ne l’ai pas enre- gistré durant l’été 2010 c’est parce que j’avais envie de prendre le temps, de revenir sur ce que je faisais. J’ai commencé à faire de la musique en solo assez tard, j’ai collaboré avec pas mal d’artistes pour le cinémas ou la musique et j’ai pas arrêté d’être en tournée. C’était une vraie envie de me poser, de laisser ces morceaux vivre leur vie et de les faire évoluer.

Donc entre le moment où tu as écrit et composé ces morceaux et l’enregistrement qu’on connait au- jourd’hui, il y a eu beaucoup de changements ?

Enormément ! La structure et les textes sont restés mais les arrangements et l’orchestration ont complétement changement et ça continue à changer au fil des concerts. Cette idée me plaisait assez, d’avoir des chansons que l’on peut réécrire infiniment. Pour quelqu’un comme moi, c’est dangereusement tentant ! Comme un peintre qui va repeindre ces tableaux dans un musée.
Finalement, l’enregistrement s’est fait en une journée, c’était unmoment bien précis. Ca aurait pu être un autre jour et peut-être que le disque aurait été différents, que les arrangements auraient été différents… L’idée de capter l’éphémère me plaisait beau- coup.

Est-ce que tu peux dire s’il y a un album qui t’as inspiré pour Big issues printed small ou c’est une histoire de moment, de spontanéité… ?

En fait, je me suis posé la question… Je crois que j’avais surtout des idées de disques que je ne voulais pas faire (rires). C’est toujours compliqué, le mélange des genre, la rencontre entre deux univers. Le mariage de la musique rock, pop et orchestrée n’est peut-être pas le plus heureux (rires).


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Après il y a aussi les aspects techniques. La technologie n’a aucun intérêt en soit mais c’était important pour la démarche d’y réfléchir. Dès le départ, si je faisais ce disque, je voulais l’enregistrer d’une manière authentique. Avec les techniques actuelles, on a une précision au milimètre, on peut tout contrôler et corriger. La marge de manoeuvre est presque nulle. Quand j’enregistre, je suis dans un espace confiné avec le micro près de moi et on ne peut pas capter l’acoustique des lieux. Je voulais réussir à capter quelque chose qui soit le contraire de ça. C’était assez abstrait mais juste autre chose… Au-delà des notes et des partitions.

On peut quand même dire que dans une approche originale, tu étais assez à l’aise finalement ou un peu stressé quand même ?

Pendant l’enregistrement, il y avait beacoup d’excitation ! Imagine, le studio est à la campagne donc j’ai du louer un mini van pour embarquer les 18 personnes dans le studio. C’était toute une aventure ! Ca a duré 12 heures à peu près, j’ai pas eu le temps d’être stressé parc que j’étais dans ce qui se passait. J’avais une sorte de confiance absolue en tout ça et quoi qu’il arrive, je savais que ça allait correspondre au moment pré- sent. J’ai enregistré sur bande magnétique et du coup si la prise ne me plaisait pas, on pouvait quand même rembobiner et enregistrer à nouveau. On était limité par le temps, on ne pouvait pas faire deux prises (rires).

C’est très différent de ce que j’ai fait avant, où on enregistre la rythmique, ensuite la voix. Tu peux te demander ce que tu souhaiterais comme arrangements et faire tous les changements que tu veux. J’écris la musique comme un enfant de 3 ans, c’est très peu réfléchi et on peut compléter comme on veut les arrangements. Du coup là, dès la première prise on avait l’arrangement et c’était libérateur.

Est-ce que après coup tu t’es dit que tu avais pris un énorme risque en faisant un album comme ça ?

Evidemment, j’entends les défaux et il y en a plein, mais après je crois pas que ce soit plus grave que ça finalement. Ca reste des risques dans le domaine de l’acceptable (rires). Comme on dit, il n’y a pas mort d’homme ! Comme on était en pleine tournée, on n’avait pas trop le temps de se prendre la tête avec tout ça. Mais je me rends compte que c’est assez absurde de passer presque 3 ans sur un disque pour ensuite l’en- registrer de façon rudimentaire en une journée (rires). Cette incohérence me plaisait !


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En tous cas je trouve ce projet très réussi, pour une démarche incohérente comme tu dis (rires). Je vais revenir un peu sur la scène musicale suédoise puisque tu es toi-même originaire de là-bas. Quel regard portes-tu sur la scène scandinave qui connait pas mal de succès depuis ces 10 dernières années.

C’est vrai que c’est assez étonnant pour cette population de plus de 8 mio. d’habitants qui est le 3ème exportateur de musique dans le monde après l’Angleterre et les Etats-Unis. Je crois qu’il y a une raison simple à ça : quand j’étais gamin, les activités après l’école étaient liées à la musique. Si tu n’étais pas doué pour faire du hockey sur glace ou du foot, tu pouvais jouer dans un groupe de garage (rires). C’est ce que tous les gamins faisaient et en plus les villes soutenaient ça. Toutes les semaines, on remplissait une feuille en disant combien de fois on avait répété et on recevait un peu d’argent.

Déjà très jeune, vous baignez dans la musique et vous êtes encouragés à en faire…

Oui. Je pense que c’est une façon très très maligne de faire que les gamins ne traînent pas dans la rue et du coup tout le monde faisait ça. Aujourd’hui encore, quand je dis que je suis musicien, on me répond « Ah super mais tu fais quoi comme métier ? » (rires), parce que tout le monde joue et la musique est très présente. Je pense que c’est grâce à ça qu’il y a des gens ou des groupes qui sont devenus des professionnels.

Et toi, tu te sens appartenir à ce mouvement-là ? Est-ce qu’il y a d’autres artistes de ton pays qui te plaisent, qui t’inspirent ?

Euh… C’est compliqué parce que j’ai toujours eu un peu l’impression de ne pas m’intégrer. C’est très familier là-bas et en même temps ça me semble étrange. Mais j’ai ce sentiment où que je sois alors… J’ai longtemps pensé que j’avais une relation compliquée avec mon pays et de ne pas tout à fait appartenir au « club ». J’ai eu un peu cette même impression pour la musique parce que finalement je travaille très souvent en Suède mais je n’y ai pas donné beaucoup de concerts. Tout ça parce qu’au moment de la sortie de mon 1er album, la maison de disques a fait faillite et le 2ème n’est même pas sorti là-bas…


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Est-ce qu’il y a d’autres artistes qui t’inspirent, peut-être au niveau international ?

Mais j’adore la scène scandinave en fait ! C’est génial, il y a beaucoup d’artistes talentueux et c’est vraiment smypa. C’est très amical, tout le monde joue avec tout le monde et les gens se connaissent assez vite finalement. C’est comme une grande famille et j’ai été invité assez souvent à collaborer sur des morceaux donc je ne peux pas trop me plaindre de ne pas appartenir au « club »…

Enfin, est-ce que tu as eu un peu de temps pour composer entre tes concerts, est -ce que tu as déjà de nouveaux projets pour la suite ?
J’ai pas mal de projets mais plutôt pour travailler sur des musiques de films. Mais j’ai pas encore de projet bien défini pour faire un nouvel album. Bien sûr, j’écris toujours des chansons et des mélodies mais il n’y a pas encore de projet spécifique pour ça.

Article repris avec l’aimable autorisation de Lords of Rock

  • Musiques en stock J3 :
    le vendredi 4 juillet 2014 à 19h00 Place des Allobroges, Cluses

    Peter von Poehl
    (pop folk)

    Seraphin & the Blues candles
    (blues folk rock)

    The Veils
    (pop lyrique)

    Ethans Johns
    (folk)

    John Butler Trio
    (blues folk)

    Gratuit

    localiser

    adresse

    Place des Allobroge


    Cluses (F métropolitaine)
Peter von Poehl - Big Issues Printed Small
Peter von Poehl interprète « Big Issues Printed Small », accompagné du violoncelliste Zach Miskin dans les studios du Mouv’.
Le Mouv'

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