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Rock sur Vernier

mardi 24 octobre 2017 par Raoul de Bonneville CC by-nc

Vernier Sur Rock ! La dernière fois que j’y ai été, c’était pour les VRP au début des 90’s, c’est dire. Ça fait partie de ces festivals étranges, celui-ci existe depuis 34 ans, dont on ne sait pas vraiment s’ils existent encore, et pourtant si...

Bon, il faut dire que je ne met quasi jamais les pieds dans de grandes salles, je préfère la proximité de groupes énergiques dans de vieilles caves de squat. Mais donc cette année ils nous ont programmé une soirée « punk », bon faut le dire vite, mais en tout cas
il y avait une belle affiche avec Ludwig von 88, Mat Bastard (dont je n’avais jamais entendu parler) et les Vaches Laitières.

Avec une entrée à 27chf, heureusement que j’étais invité, parce que je ne serai sûrement pas venu à ce tarif au vu de ma fortune. Les prix pratiqués, je m’en fout un peu, chacun fait ce qu’il veut, et y trouve généralement plein de justifications valables, donc à moi de choisir si j’y vais ou pas.

Et puis les paies Suisses étant ce qu’elles sont, c’est sûrement pas très cher en réalité. Par contre les bières l’étaient elles un peu plus que la normale, mais elles étaient excellentes puisque c’était celles du Père Jacob, produites juste à quelques kilomètres.

Si j’ai eu le temps de ressasser tout ça, c’est que suis arrivé avec une heure d’avance malgré les deux passées dans les bouchons pour parcourir 30 km ! Alors j’ai eu le temps de traîner aux stands des copains avant le vrai début de la soirée.

Les Vaches laitières

Du coup à 20h les Vaches Laitières sont montés sur scène devant un public déjà assez nombreux, qui leur a fait l’honneur s’approcher tout de suite. Ils ont leur public inconditionnel et c’est pour ça que les orgas locales les font systématiquement jouer en première partie de chaque tête d’affiche
punk.

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Les vaches laitières - Vernier sur Rock 2017
© Christophe Losberger

Même si j’adore ce groupe et que j’en suis très content pour eux, je trouve quand même que les orgas pourraient avoir un peu plus d’audace dans leur prog et un peu de soutien envers les groupes locaux, c’est vraiment trop facile de faire toujours jouer le même groupe, au risque que les gens ne puisse plus les supporter.

Enfin bon, les voilà donc sur scène pour meugler une heure de ska-punk costumé à fond la caisse, dans joie et la bonne humeur, et ça joue bien, pour cause, à cet heure là les membres du groupe ne sont pas encore bourrés (eh oui on a affaire à un vrai groupe punk). C’est vraiment un groupe à grosse énergie avec une super présence scénique et surtout tellement sympathiques (surtout quand ils distribuent des packs de bières au public). Il m’a semblé entendre quelques nouvelles compos,
des chorégraphies plus théatralisées, dont une qui aurait mérité son #metoo sur fakebouze. En tout cas, ça a bien bougé dés le début de la soirée, le public à suivi et ça c’était sympa, voilà l’essentiel, même s’ils n’ont pas pu faire leurs interminables rappels en invitant tout le public sur scène, comme ils le font d’habitude. Ils ont quand même vidé leur stock de T-shirts à la suite de cette prestation.



Entre temps le gros du public est arrivé et à l’extérieur les gens s’amassent autour des bars et des stands de bouffe.

Mat Bastard

Vers 22h Mat Bastard arrive sur scène. Avant cette soirée, n’en ayant jamais entendu parler, je me demandais comment une tête d’affiche d’une soirée punk pouvait m’avoir complètement échappé ?

J’avais jeté un œil sur wikipedia et ça m’avait bien intrigué car le chanteur est noir, ce qui est assez rare dans le punk. C’est donc avec curiosité que j’appréhendais cette première écoute. Je n’ai pas été déçu car on a eu affaire à un grand show, mené à la perfection de bout en bout. Les musicos : que des beau gosses, le jeu : parfait, le son : ultrapuissant et d’une propreté incroyable. C’est là qu’on comprend l’influence du long séjour américain du groupe dans cette recherche de perfection.

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Mat Bastard - Vernier sur Rock 2017
© Christophe Losberger

Ce qui m’a un peu dérangé ce sont de temps en temps des chœurs un peu variétoch, mais sinon on passe du gros rock d’une puissance incroyable à du raggamuffin vraiment surprenant et quand soudain on passe à des morceaux vraiment punk, là, malgrés la clarté du son, ça arrache tout. On a là un vrai chanteur à la technique parfaite, une présence scénique hors du commun et une super répartie dans son rapport avec le public. C’est vraiment digne des grands groupes hard core
américains.



Ludwig Von 88

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Ludwig Von 88 - Vernier sur Rock 2017
© Christophe Losberger

Il ne dois pas être loin de minuit quand arrivent les Ludwig (moi qui espérais en semaine une soirée pépère qui finirait tôt...) après l’installation de tout un tas de décors kitchs ramenés avec les instruments sur des sortes d’îlots à roulettes, Évidement ce n’était plus l’événement du siècle puisque c’est déjà leur deuxième année de tournée depuis leur reformation et que je les ai déjà vu à l’Usine.
Ce qu’il y a entre les Ludwig et moi, c’est que c’est un des groupes culte de mon adolescence, celui avec les Béru que j’ai écouté non stop des années durant dans mon walkman et que j’ai vu trois fois dans les années 80.

C’est un groupe que j’ai ensuite complètement abandonné après le troisième album et que je n’ai plus ni vu ni écouté dans les années 90, ce qui fait que je suis complètement passé à coté de leur période plus alterno-festive.

À l’Usine, même si c’était super sympa, j’avais été déçu par le coté trop cool du concert étant resté sur l’idée d’un groupe qui jouait à 100 à l’heure tout du long. Là à l’inverse j’ai eu l’impression qu’ils jouaient surtout leurs premiers disques (on m’a dit ensuite que c’était la même liste mais resserrée sur les titres les plus punks pour
en faire un set d’une heure), mais encore une fois de manière un peu trop pépère, avec le public qui tapait dans des ballons géants.

Bon attention c’était super sympa, le public était ravi et ils ont réussit à avoir une vraie intimité avec le public malgré la taille de la salle. Ça à bien bougé avec HLM et
quelques autres morceaux, ya eu quelques super ragga aussi, puis les rappels ont fini en apothéose puisque là on a enfin eu droit à du punk à fond les ballons.

J’aurai aimé un concert comme ça tout le long, mais tout le monde n’a plus la jeunesse des Toy Dolls et on a tous passé une très bonne soirée, alors quoi demander de plus...

Et vu l’état des Vaches Laitières lors de mon départ, j’étais content qu’ils ne reprennent pas leurs guitares.

Toutes les photos qui illustrent cet article ont été prises par Christophe Losberger et sont placées sous Copyright.

Portfolio

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