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Static Fence, de la folk à l’état pur !

mardi 10 janvier 2017 par Isa Guignet CC by-nc

Nicolas Graber, chanteur et guitariste nyonnais, présentait son deuxième album Anagram la semaine passée au caveau de La Parenthèse à Nyon. Un moment intimiste qui a réjoui le public.

Une guitare, une voix ! Voici Static Fence. L’artiste nyonnais Nicolas Graber, la trentaine à peine, présentait la semaine dernière son deuxième opus, intitulé Anagram. Pourquoi un tel nom ? Non sans rappeler la formule stylistique française, le musicien s’est amusé à construire les morceaux de l’album sur la base d’accords similaires mais joués dans un ordre différent, cela pour chaque titre. Et pour l’histoire, Static Fence prend vie il y a cela déjà deux ans, proposant d’abord un premier album « Bran Isle Cargo », quelques concerts ici et là, et enfin aujourd’hui, la deuxième galette tant attendue. Le chanteur-guitariste offre ainsi treize titres, tous emplis d’un esprit folk et mélancolique qui vous incite à un voyage introspectif. Rencontre avec cet homme qui ne manque aucunement d’humour !

Isa Guignet : La trentaine tout fraîche et le talent musical indéniable. À quel âge avez-vous commencé la musique ?

Nicolas Graber : J’ai commencé à faire de la musique à l’âge de 18 ans sur une bonne vieille basse. Avec quelques amis, on était des grands fans de concerts et, un jour, on a décidé de monter un groupe. À part le batteur qui avait déjà choisi son instrument, on voulait faire de la guitare tous les trois. Et puis, quelques jours plus tard, les deux autres avaient déjà acheté la guitare et l’ampli. Il manquait une basse. Je me suis donc acheté ma première basse (son petit nom c’est Rosetta).

Après quelques années à jouer de la basse, j’avais envie de tester un autre instrument. La basse est un instrument génial mais ce n’est pas le plus adapté pour composer des mélodies. J’ai donc commencé à faire de la guitare. Pour l’anecdote, j’avais commandé une basse acoustique et le magasin s’est trompé dans la commande. Ils m’ont envoyé une guitare acoustique. Et voilà comment j’ai commencé à gratouiller sur six cordes. Et comme vous pouvez le voir, je gratouille toujours !

Comment est né ce projet solo ?

Le projet est né des compositions que je m’amusais à faire pour m’entraîner. Au lieu de jouer un riff de trente secondes et de le répéter, j’essayais plutôt de l’intégrer dans un morceau. C’était un bon moyen de progresser car ça m’obligeait à être régulier (ce qui est assez important quand on joue seul). Et puis surtout, j’avais plein d’idées de mélodies en tête que je ne pouvais pas toujours utiliser en groupe. Donc, ce projet est devenu un moyen de me lâcher et de tester plein de choses.


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Comptez-vous agrandir cette structure et prendre des musiciens par la suite ?

J’aimerais beaucoup faire ce projet avec d’autres musicien(ne)s/chanteurs, chanteuses ! En tout cas, ajouter un rythme (batterie/cajun) et une basse pourrait apporter énormément au projet. Dans ce nouvel album, il y a aussi quelques parties avec du piano ou une deuxième guitare. Cela donne tout de suite une ampleur différente aux morceaux, donc ça me plairait aussi ! Et pourquoi pas un triangle et un joueur de sifflet pour garder le rythme et siffler la fin du concert, haha ! (Rires)

Static Fence….pourquoi ce nom de scène ?

Très bonne question… Parce qu’il fallait choisir un nom unique pour se produire sur scène, peut-être. Je pense surtout que j’aimais bien le nom Static Fence parce que c’est un symbole assez fort. Si je caricature, cela reprend l’idée que certains obstacles, quelques soient ce que l’on entreprend, semblent infranchissables, à moins de réfléchir différemment. Si je donne un exemple, en musique, on peut facilement tomber dans le piège de jouer des schémas ou des suites de notes que l’on connait bien et que l’on a l’habitude de jouer. Mais pour évoluer et apprendre de nouvelles choses, c’est important de sortir de cette zone de confort quitte à faire des erreurs.

Que chercher-vous à transmettre au travers de votre musique ?

Je cherche à transmettre ma passion pour la musique. J’aurais pu faire de la musique avec un rythme générique et une mélodie toute faite comme on peut entendre assez facilement de nos jours. Mais la musique est un univers à part entière ! Il y a tellement de sonorités à découvrir que je trouve dommage de se limiter, de ne pas aller plus loin et tester de nouvelles choses.

D’ailleurs une amie n’aimait pas vraiment les dissonances dans certains de mes morceaux pendant l’enregistrement. Elle est revenue vers moi après avoir réécouter plusieurs fois l’album et avait changé d’avis. Avec une baguette magique, j’aimerais faire en sorte que tout le monde ait ce déclic mais il me manque encore le balai et les petites lunettes rondes !

Vos textes sont assez sombres. D’où puisez-vous l’inspiration ?

Je ne dirais pas que mes textes sont sombres. Je dirais plutôt qu’ils cherchent à faire ressortir des émotions vraies. Sans vouloir faire de la psychologie de comptoir, une émotion, ce n’est pas être que joyeux, que triste, etc. mais c’est un mélange de différents ressentiments !

Chaque texte a une double signification et à plein de petits indices cachés. On peut penser que certains sont très sombres car ils paraissent ainsi. Mais, en réalité, ils sont très positifs.


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En général, je puise l’inspiration dans les événements de tous les jours ou les thématiques qui m’intéressent. Par exemple, « Silent… », « Finders » et « The bell rang twice » sont trois textes qui se suivent et parlent de l’identité au travers d’un périple en mer. « Silent… » fait référence aux personnes, proches au départ, que l’on ne voit pas souvent et que l’on oublie petit à petit. Et puis, notre cercle d’amis commence à changer et évolue en même temps que nous ! On se retrouve « dans une même galère » avec de nouvelles personnes qui deviennent parfois des amis (Finders, anagramme de Friends). On crée de nouveaux souvenirs et des nouveaux liens.

Enfin dans « The bell rang twice », le périple se termine et notre entourage proche a changé, comme le dit le refrain :
« A beam of light through the curtains at first blinded my squinted eyes, then awakens my senses, taken away by the tide »
Le rayon de lumière symbolise le fait d’être conscient que l’on a évolué et donc, que l’on fera peut-être des choix différents qui peuvent faire peur au premier abord (at first blinded my squinted eyes).
Je me suis un peu emballé mais tout ça pour dire que ces textes parlent simplement d’événements que l’on peut vivre !

Se démarquer et se faire remarquer au travers de la scène musicale suisse est particulièrement difficile. Quelle est votre stratégie ?

Ma stratégie est de contacter un maximum de salle dans les prochaines semaines pour jouer sur scène et me faire connaître. Nous sommes aussi en train de regarder pour organiser une petite tournée l’été prochain avec un groupe Folk de la région : Up the barricades.

Et puis, je vais lancer très prochainement un concept de « Live at Home » où je propose de venir faire un concert live chez des particuliers ; ce qui conviendra bien à l’ambiance intimiste de Static Fence !

Vous avez présenté votre deuxième album, Anagram, la semaine dernière au bar de La Parenthèse à Nyon, votre ville de résidence. Quelles sensations cela vous a procuré ?

Ça m’a fait très plaisir de jouer à La Parenthèse. Le lieu était idéal pour ce vernissage et c’était un plaisir de discuter avec le public après le concert. C’était une excellente soirée !

Côté musique, quels sont vos groupes et/ou musiciens qui vous inspirent ?

Eddie Vedder, Chuck Ragan, Dustin Kensrue, Frank Turner

Si vous deviez décrire votre musique en trois mots, cela serait… ?

Aucune idée… Folk, rock et jambon

Enfin, si vous pouviez passer une soirée entière, à picoler, philosopher, refaire le monde ou autre, avec une personnalité vivante ou décédée, qui choisiriez-vous ?

Robin Williams déguisé en madame Doubtfire !

Propos recueilliis par Isa Guignet

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