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Therapy ? Toujours pas guéris

dimanche 7 février 2016 par Tom Rad-Yaute CC by-nc

Revoir un vieil amour après de longues années peut être une décision dangereuse... Quelques beaux disques d’un noise-rock infusé dans des mélodies froides au milieu des années 90, puis rupture et silence radio en ce qui me concerne, jusqu’à ce concert à Annemasse...

À peine le temps de commander une bière qu’on a déjà raté les tous premiers moments du set. À vrai dire, je n’avais pas d’attente particulière vis-à-vis du concert de Therapy ? J’aime bien les premiers disques, la période un peu plus noise-rock, avant le coming out pop de Troublegum. J’assiste donc, sceptique ou presque, aux premiers titres du groupe. Les morceaux sont souvent limpides, il y a un vrai talent pour écrire des hymnes power-pop – je fais exprès d’exagérer un peu, le groupe était labellisé « métal » par Château Rouge... - des hymnes, donc, au ton faussement enjoué, aux mélodies souvent douce-amères.
Mais enfin, ces riffs simples, alignés, ces progressions d’accords, on a parfois un peu l’impression de les avoir entendus mille fois. Et de limpide, Therapy ? semble tout-à-coup un groupe trop évident, transparent.

Mais… Mais ? Mais.

Mais les gars savent y faire. La sauce prend. On ne sait pas comment mais, au fil du concert bien rodé, l’énergie monte peu à peu. L’hymne tout à coup, sans qu’on en ait vraiment pris conscience, s’est mis à vibrer.

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Therapy ? - Château Rouge , Annemasse 28.01.16
© Geoffrey Martin

_ Alors oui, certes, Andy Cairns raconte toujours les mêmes conneries (ça fait 23 ans que « son français est merde », selon un observateur avisé). Oui, ça lève son instrument au ciel à tout bout de champ en signe de domination du stade. Ça fait chanter le public et ça place des vieux tubes au bon moment pour arracher des soupirs d’aise téléphonés. Mais, à y réfléchir, l’œil exorbité de Cairns et sa voix de petite fille apeurée ne sont pas si lisses que ça et l’enthousiasme des musiciens est vraiment entraînant.

On sent qu’ils prennent plaisir à organiser cette fête païenne et bon enfant, où l’on célèbre sa névrose dans le pogo et la bonne humeur.

Quel pied de réentendre « Teethgrinder » et d’autres morceaux de ce dance-rock répétitif et froid issu de l’album Nurse ! Un petit bout d’« I wanna be your dog » aussi, qui viendra pimenter le set (Pourquoi juste un bout, d’ailleurs ? Je les ai haïs à ce moment-là...), déclenchant un pogo immédiat. Et la reprise de « Diane » (avec le violoncelle enregistré), prenante et belle, même si leur version n’est pas aussi déchirante que l’original d’Hüsker Dü.

Les titres se sont enchaînés et la pression n’a cessé de monter pour atteindre ce joli moment d’ivresse sonique qui vous laisse pantelant, lorsque le groupe a quitté la scène et que les lumières crues ont à nouveau envahi la salle, à gueuler pour qu’ils reviennent, qu’ils en donnent encore.

Eh oui, Therapy ? reste une belle bête de scène.

Portfolio

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