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Tirages au poil à Mazout et fioule

vendredi 11 janvier 2013 par Franz Narbah CC by-nc

On ne présente plus Marcel Mazout : c’est une marée noire de talent, du goudron sur nos plumes. On croyait tout savoir d’eux, mais la rétrospective actuellement présentée au Café des Arts brosse une fresque si grandiose qu’on en reste comme deux ronds de flan.

Moi qui vous dis ça (Narbah), comme je ne bois plus autant, je n’ai pas encore vu l’expo. Mais il y a de ces talents si incontournables qu’il serait comme un trou de couche d’ozone dans notre cul-ture que de ne pas… je me suis un peu perdu en route.

Contentez vous de savoir que cette exposition est incontournable si vous désirerez vous rendre au bar. Elle tient toute la place.

Pour en savoir plus, car on en sait jamais assez, la renommée de Marcel Mazout et de sa Fioul Miousic est fort bien retracée et sanctifiée par un item sur wikipedia. Elle est ainsi accessible à la célébrité de n’importe quel point du globe.

Revenons à nos reblochons.

Chacun d’entre nous a encore en tête les entêtants refrains :

Qu’elle soit blonde, brune ou rousse, ce qu’on aime en elle c’est la mousse ("sei sie blond rot oder braun was mich befahlt ist der schaum"),

Bébé punk à Vomi,

et tant d’autres merveilleux tubes mille fois répétés à tous les échos de nos montagnes.

De quoi je parlais ? Ah ! oui, de l’exposition proposée au Café des Arts, fief incontesté de la Fioule Miousic puisque la patronne est elle même l’une de ces pulpeuses et délurées “marvelous cradettes“ (choristes danseuses du groupe). Le commissaire de l’exposition est également une source très bien informée ; ce n’est autre que le relativement guitariste Jean-Paul Lacombe dont la prestance n’a d’égale que la fascination qu’il exerce sur la gent féminine des alpages et des vallées savoyardes (on murmure qu’il aurait eu une relation avec Magalie (voir), mais les faits n’ont pas été constatés, ni même avérés). A noter qu’il est également un constructeur de guitares à partir de planches de chalets usagées de toute première bourre.

On ne peut pas faire ici l’apologie de tous les participants du groupe, chacun possédant un talent spécifique qu’il n’hésite pas mettre au service d’un ensemble pour proposer une harmonie reconnaissable dès la première note, même à plusieurs kilomètres.
Contentons-nous de savoir que les membres masculins sont fièrement dressés, malgré leurs dates de péremption dépassées, et les paillettes à résilles des parties féminines ruissellent sous les suées des projecteurs.

Nous dirons aussi “a special“ chapeau à Pochat le quasi mystique leader-chanteur, qui puise la moitié de son inspiration dans l’almanach Vermot et la seconde sur les chemins de Saint-Jacques de Compostelle. Scéniquement, disons qu’il ne ressemble à personne. Mais ne vous y trompez pas : sous l’apparence de paillasse pathétique du personnage se tapit un théoricien tyrannique (non, pas Annick !) de l’art lamentable, école dont il est d’ailleurs le fondateur et qui a fait depuis de nombreux et nombreuses émules (Didier Super, Toufo, etc).

L’expo présente donc une collection d’images offrant une rétrospective vertigineuse, magistrale, grandiose, des innombrables exactions commises par ce Marcel Mazout diabolique ainsi que de nombreuses créations artistiques originales inspirées par le groupe aux plus désœuvrés de ses fans. Elle est, c’est inéluctable, parfaitement représentative de l’esthétique si particulière de cet ensemble typiquement atypique. Avec un avantage certain par rapport à n’importe quel concert : il y a les coups à boire, mais pas une seule fausse note.
Par fausse note entendez “faute de goût“, bien évidemment.

Car, et c’est aussi incompréhensible qu’incontestable : les Mazout ont du talent. Un public fervent se presse à chacun de leurs concerts. Si vous habitez dans un rayon de moins de cent kilomètres autour d’Annecy, vous ne pouvez pas oser dire que vous ne les avez pas vu au moins une fois, que vous ne les avez pas entendus au moins dix fois —ne serait-ce que de loin— et que vous n’en avez pas entendu parler au moins dix mille fois. Peut-être sur Canal+ ; ou sur FR3 Rhône-Alpes ? Non ? Sur la 8 Mont-Blanc, alors ! Ils sont partout de toutes façons. Et savez-vous que le “Petit Journal“, ce respectable club de jazz parisien ne jure que par eux ? Il faut dire que pour faire marcher la pompe à bière, ils sont meilleurs que Boulez !

  • Mazout’s expo :
    du mardi 8 janvier 2013 au jeudi 31 janvier 2013 Café des Arts, Annecy

    Rétrospective d’art mazoutien et documents pour fans fétichistes…

    localiser

    adresse

    Passage des vieilles Prisons
    F-74000 Annecy

Marcel Mazout. Lucienne.
J’ai demandé à la Lucienne si elle voulait vivre avec moi ...C’était à Feigères , le 7 juillet 2012 , jour de la Saint Raoul .
mazout74

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