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Entretien avec Lazareff

Folk au pays du Mont-Blanc

mercredi 9 décembre 2015 par Guillaume Pham-Si, Pierre Brac CC by-nc

Ca samedi de décembre, je me suis rendu au Repaire des Ours pour aller à la rencontre de Lazareff, artiste du pays du Mont-Blanc pour la présentation de son projet et de son EP sorti cette année Vert de vie.

Lazareff n’en est pas à sa première expérience musicale et scénique, mais c’est sous de nouvelles inspirations et de nouveaux sons plus acoustiques et plus folk qu’il renoue avec la scène. Après avoir cartonné lors de l’ouverture du concert d’Irma, la semaine précédente dans la salle Léon Curral à Sallanches, Lazareff est gonflé à bloc pour présenté sa création.

Il est 20h et le Repaire des Ours (Le Fayet- St Gervais les Bains) se remplie peu à peu, je découvre les artistes paisiblement installés devant un thé. C’est le moment de s’isoler un peu pour mieux les découvrir.

Salut Lazareff, tu fais de la guitare depuis que tu as 13 ans, ton premier groupe à 16 ans, tu écoutais quoi à l’époque ? Là, on est dans la fin des années 90, début 2000, il me semble ?

Lazareff : Mes influences à l’époque étaient très rock-métal, gros sons et guitares électriques. J’écoutais les Deftones, Limp Bizkit, Korn et les autres riffeurs de l’époque.

Aujourd’hui tu écoutes quoi ?

Ah là là. Beaucoup choses ont changés maintenant, je suis tombé amoureux de la voix de Dallas Green de City and Colour, l’ancien chanteur de Alexis On Fire, groupe de post-hardcore canadien du début des années 2000. Du post hardcore, il est passé à un univers complètement folk et quand je l’ai entendu, je me suis dit : « l’acoustique c’est pas mal quand même, il y a moyen de retranscrire pas mal de choses issus du rock avec une sensibilité encore plus perceptible ».

Tu es parti un an vivre en Angleterre, il en ressort quoi de cette expérience ?

En Angleterre, la création reste au centre de l’expression artistique, en tous les cas en musique. Les anglais ont besoin d’exprimer ce qu’ils ont à l’intérieur d’eux-mêmes, dans leur cœur. Tu peux aller dans n’importe quel pub, t’inscrire et avoir ton moment d’expression 1 fois par semaine, c’est une sacrée belle ouverture d’esprit.

Tu es en train de me dire qu’en France c’est plus difficile pour les nouveaux auteurs compositeurs interprètes ?

Le nombre de lieux de diffusion qui s’amenuise d’année en année

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Oui, en France c’est beaucoup plus dur, le nombre de lieux de diffusion qui s’amenuise d’année en année, le phénomène est encore plus amplifié après les événements douloureux que nous avons traversés dernièrement.
J’espère sincèrement que cela ne va pas trop affecter l’expression musicale. Il ne faut pas abandonner pour autant et se laisser enfermer même si c’est compliqué.

Tu as fait le choix de t’exprimer en français, pourquoi ?

Je suis parti en Angleterre, parce que bercé par des chansons anglophones depuis tout petit. Mais je me suis aperçu là bas qu’écrire et chanter en anglais sans être anglais ce n’était pas forcément évident. À mon retour, j’ai décidé de m’exprimer dans ma langue maternelle, ma langue de cœur. Plus j’écris et plus je m’aperçois qu’il y a d’énormes possibilités et de nuances à s’exprimer en français.

Peux tu nous parler de la réalisation de ton EP ?

Cet ep m’a demandé une grosse remise en question, car c’était la première fois que j’allais enregistrer des chansons en français. Une remise à zéro et un nouveau départ.

Je l’ai enregistré avec Lison Rawas à l’alto qui me suit dans cette aventure et qui m’accompagne sur scène ce soir. CES 5 titres ONT été enregistrés chez un monsieur extraordinaire, Christophe Mercier qui intervient aussi à la batterie, à la basse, au banjo. Il m’a été d’un grand soutient pour réaliser ce disque.

Ce disque est un appel à l’éveil sensoriel.

Alors Lison est avec nous, Lison dis m’en plus sur la rencontre avec Lazareff

Lison Rawas : On s’est rencontré il y a 4 ans, et j’ai su dès que j’ai entendu les premières notes de guitare de Lazareff, que son univers était singulier et que cette rencontre était décisive et j’ai été touché, j’ai même pleuré (rires).

Tu sais, je suis issue du classique, et sa musique est différente, originale et le lien entre sa voix et son jeu de guitare m’ont tout de suite interpellé.

Lazareff, tu as fait la première partie d’Irma la semaine dernière à la salle Léon Curral de Sallanches, comment ça s’est passé ?

Lazareff : Super date, le public était super réactif, un beau moment qui restera gravé dans ma mémoire. La rencontre avec Irma était vraiment un beau moment de partage. Elle m’a donné beaucoup de conseil pour continuer à développer mon univers. C’est une artiste touchante et impliquée.

Quels sont tes projets à venir ?

Je voudrais sortir l’album en 2016, enregistrer un live pour capter l’émotion du moment, même si il y aura des imperfections et justement c’est aussi ce que j’aime dans la musique, que ce ne soit pas trop lisse. Nous avons pour l’instant une date en début d’hiver prévue à Samoëns.

Merci à vous deux, nous allons maintenant pouvoir vous écouter et vous voir dans le cadre de la nouvelle formule du Repaire, il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un bon concert.

    Le concert

    Sorti de cette interview, environ 70 personnes se sont déplacées pour passer la soirée au Repaire des Ours.

    Le challenge pour Lazareff était de conquérir ce public, ce qui ne fut pas chose facile, toutefois les spectateurs qui n’ont pas forcément été attentifs tout au long du concert ont pris du plaisir à se laisser transporter par l’univers de Lazareff .

    Dès les premières notes de la vieille Taylor, on se laisse bercé dans la poésie, avec une voix singulière placée dans les hauteurs, Lazareff nous dépeints une aventure, un voyage dans l’éveil sensoriel de ce qui nous entoure.
    Des clichés apparaissent et laissent place à l’émotion. Lison frotte les cordes de son Alto et la magie opère, ouvrant nos oreilles vers de nouveaux sons, comme une vague qui nous emmène. N’hésitez pas à venir découvrir Lazareff, il y a quelque chose de neuf dans son folk, quelque chose de sensible et à fleur de peau. Un beau moment.

Propos recueillis par Guillaume Pham-Si.

Photos © Pierre Brac.

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