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Partout les gens sont les mêmes

dimanche 7 février 2016 par Franz Narbah CC by-nc

Où est-il possible de voyager dans la diversité du réel en quelques heures ? Comment comprendre ce qui se passe aux quatre coins du monde sans bouger de sa chambre ? Certains pensent qu’en regardant le 20h on se tient au courant. Non ! Trois fois non ! Il faut aller à la bibliothèque.

La bibliothèque, c’est comme le Tardis ©.

C’est plus grand à l’intérieur qu’à l’extérieur. C’est matriciel. On y voyage dans le temps et dans l’espace, de l’infiniment grand à l’infiniment petit.

Poursuivant mes explorations, j’y ai trouvé récemment un volume de taille conséquente : 20x30x5, 2,5 kg environ, plus de 650 pages.
20 histoires vraies (drôles, émouvantes curieuses, cruelles…), des milliers de kilomètres : “le souffle du récit et la puissance du réel“ comme dit l’éditeur.
20 bandes dessinées de reportage époustouflantes signées par les plus grands crayons.

Ici, on est loin des super-héros, loin des caricatures, loin de tout. À l’intérieur des faits et des choses.

Ça m’a tellement plu de me retrouver en compagnie de tous ces gens, de traverser l’Iran dans un camion, de me marier avec une chinoise, de récupérer les bidons dans l’immense bidonville de Mumbaï (Bombay), de faire l’ascension du Mont Rose avec un prestidigitateur close up qui transporte un lourd secret, de cueillir les abricots à Buis les Baronnies, de tenter la terrible traversée de Gibraltar avec un clandestin, de scruter les nuages avec un cultivateur gascon, etc.

Dans ces conditions, même l’invraisemblable voyage dans la tête d’un enfant soldat congolais devient possible, humaine.
Car si quelque chose est le vecteur commun de tous ces auteurs, si quelque chose les relient, c’est ce respect et cet amour commun pour l’humain. Aucun cynisme. Une touche d’humour ici ou là seulement, par pudeur.

Et puis quand je vous parle du Tardis, au delà du livre, se trouvent des mondes parallèles. Par exemple, c’est en prenant “Des Nouvelles d’Alain“ ―le photographe des minorités ethniques dans l’ex-monde communiste― que j’ai fait la connaissance de Kesaj Tchavé (groupe d’enfants Roms des bidonvilles de Slovaquie) mené à la tendre baguette et la balalaïka énergique et pourrie par le formidable Ivan, un gadjo pourtant. Du coup je suis allé voir le beau reportage réalisé par Arte et vous pouvez faire comme moi (clic).

Car un article de Rictus, ce peut-être aussi une sorte de Tardis qui rend possible tous les voyages. Alors tous à la bibliothèque.

Grands reporters

20 histoires vraies

Collectif XXI

Date de publication : 27 septembre 2012

656 pages 
Prix : 39,80 € 
Format : 20 x 29,7 cm

avec :
Joe Sacco s’est intéressé aux oubliés de la croissance indienne : les paysans. Emmanuel Guibert a travaillé avec le photographe Alain Keler sur la piste des Roms en Europe. Jean-Philippe Stassen a suivi les migrants de Gibraltar et, trois ans plus tard, un enfant soldat au Congo. Olivier Kugler a accompagné un routier iranien, as de la débrouille, puis, deux ans, après un vétérinaire au Laos dont les patients sont des éléphants. Jean Harambat raconte l’histoire de son frère, agriculteur dans les Landes. Hugo Bertotti et Agnès Montanari nous font entrer dans le quotidien des femmes au Yemen. Didier Tronchet met en scène sa vie à Quito, à 2850 m d’altitude. Olivier Balez raconte comment son frère a entraîné un groupe de malade à la conquête du Mont Blanc. D’autre part, avec Pierre Christin il a enquêté sur l’installation d’observatoires géants au Chili. Hippolyte s’est rendu à Kinshasa enquêter sur les enfants de la rue. Jacques et Pierre Ferrandez ont rencontré un père et un fils à Cuba, entre la révolution et les dollars. Denis Deprez, Renaud De Heyn, Jeroen Janssen, Frédéric Lemercier, Maximilien Le Roy, Erwan Manac’h, Gwenaël Manac’h ont fait d’autres voyages.

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