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Born Bad met les bouchées doubles au Brise Glace

jeudi 25 octobre 2018 par Anne Von Klüz CC by-nc

J’avais déjà vu Vox Low dans le garage de la Belle Électrique lors du festival Jour & Nuit à Grenoble et Frustration au dernier Freak Show dans la Drôme mais j’avais comme une sérieuse envie de remettre le couvert, après tout on peut sans soucis abuser des bonnes choses...Bis repetita placent

Vox Low

Le groupe commence sur la grande scène, large, pas très haute du Brise-Glace, on est un peu avec eux, le son est moins fort qu’à Grenoble (pas assez ?) ou bien mes tympans ont perdu de la sensibilité. Basse bien en avant comme j’aime, sons synthétiques et nappes un peu galactiques. La voix est grave, caverneuse avec la reverb, ultra linéaire. Le chanteur officie aussi aux machines et synthés, parfois rejoint au centre le la scène par le guitariste.


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Vox Low - Brise-Glace@Annecy, octobre 2018 Pierrick Rinaudo

Vox Low croise les influences, étiquetés post-punk ou coldwave, flirtant avec le krautrock pour le côté répétitif et hypnotique. Ils diffusent une vague froide qui fait chalouper nos corps, le quatuor fait fort dans l’alliage de la noirceur et en même temps du groove. Ils tendent des ponts entre les genres et les décennies tels des gothiques ou curistes aux cheveux hirsutes qui auraient usé leurs Doc Martens sur le dancefloor du Pulp, club mythique parisien où j’ai malheureusement jamais usé mes souliers mais fantasmé dessus en lisant Superstar d’Ann Scott qui retrace l’émergence de la techno à Panam’ durant les 90’s.

Ma porte d’accès vers Vox Low a été antérieure à leur album homonyme sur Born Bad, via des sorties sur le label Correspondant de Jennifer Cardini ou le remix d’Ivan Smagghe pour « I wanna see the light ». Ces deux DJ ex-résidents du Pulp et du label désormais posthume Kill the DJ n’ont cessé de distiller une électro bien « weird », mentale. Je m’égare un peu dans les références mais ces ramifications pré-Born Bad expliquent la singularité de Vox Low, ce groupe hybride « de parisiens fans de disco et de punk » fusionne à merveille des sonorités sombres et moites à la fois. Il manquait d’ailleurs un chouïa de sueur dans le public annécien ce soir-là, sûrement l’horaire...
Revenons au concert, le chanteur Jean-Christophe Couderc lâche pêle-mêle les thèmes abordés dans leurs morceaux : l’amour, l’esclavage « You’re a slave » ou « Now, you’re ready to spend » j’imagine ; la chasse « Trapped of the moon » ou la religion avec « Some words of faith » et ses loops acides— effet d’ascension garanti. Le groupe brise les chapelles et ouvre les pistes dans la croisée des genres, effet rajeunissant à la clé « Rejuvenation ».

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Pause rafraîchissante avant le second concert.

Frustration

Première sortie du label Born Bad. Mon histoire avec ce groupe a réellement commencé par... une frustration. Tous les potes Grenoblois les avaient vu à la Bobine début 2017 je crois et je n’y étais pas, grrrrrr ! Bon là je raconte ma vie mais je suis pas journaliste alors la prise de recul, je maîtrise pas... C’est après ce concert manqué que j’ai découvert Empire of Shame. La claque et écoute de l’album en mode repeat.
Ma première session de rattrapage était fin août sous un chapiteau rempli de Freaks slamant dans tous les sens. Un concert jubilatoire mais assez physique, impossible de tenir aux premiers rangs. Alors ce soir au Brise-Glace c’était la bonne. Le public se réveille dès les premiers morceaux, une agitation positive, pogo bon enfant dans la fosse.

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Frustration - Brise-Glace@Annecy, octobre 2018 Pierrick Rinaudo

Leur musique donne envie de sauter dans tous les sens, c’est acéré, incisif, ça te prend de façon imparable.

Des riffs entêtants, super efficaces sur « Dreams, Laws, Rights and Duties » ou sur « Excess », des riffs qui te lâchent plus pendant des heures. Le chant est puissant, hargneux pas si Curtissien que ça d’ailleurs. On les compare souvent à Joy Division mais Frustration n’a pas cette sombre mélancolie mais plutôt une hargne positive qui fait penser à Devo aussi. Le poing levé plutôt que résigné. D’une redoutable efficacité en live, on oublie qu’on est quadra jusqu’à ce que les courbatures du lendemain nous le rappelle. On braille avec eux sur « I’ve got too many questions …I’ve got no answer » ou « we live in excess », des tubes qui te foutent des piles sous les pieds. Le chanteur glisse une petite dédicace à notre président avant de balancer la grosse armada « Empire of shame », grosse rythmique, sons électroniques alarmants, chant scandé, rageur, une fureur complètement maîtrisée. La fosse s’emballe encore sur « Blind », on tournoie jusqu’à l’aveuglement.

Emportée dans une frénésie libératrice, la setlist de la soirée est approximative et, si certains ont été « déçus en bien » ( expression très helvète et critique positive au final) moi j’ai été comblée en tout. « No trouble, no trouble », il y a ici et maintenant dans l’hexagone de la musique excessivement exaltante.

Vox Low & Frustration, Le Brise Glace, 20 Octobre 2018

Image d’emblème par Anne von Klüz

Portfolio

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