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Art contemporain

Paul Rebeyrolle « Miserere et Lux »

jeudi 1er septembre 2011 par Calisto Pas de licence spécifique (droits par défaut)

Pour fêter son double lustre, la Fondation Salomon n’aura pas lésiné sur la marchandise !

Il est vrai que l’annonce de la rétrospective Paul Rebeyrolle aurait pu surprendre les arpenteurs avertis de ces lieux, habitués ordinairement à la présentation d’artistes contemporains reconnus ou en plein essor et de fait, bien vivants.

Mais ce n’est pas parce que Rebeyrolle n’est plus depuis 2005, que le génie des lieux allait s’en trouver définitivement privé… bien au contraire ! L’âme de Rebeyrolle hante le château d’Alex telle la Momie du roman de Théophile Gautier. Fascinante et inspirée. Cet art figuratif s’exprimant par une fusion de la peinture avec les objets les plus divers (grillages, terre, jute, jaune d’œuf, jean ou encore crânes et ossements) éructe des parois avec une force hypnotique.

La variété et l’agencement des toiles exposées mérite un hommage particulier à Philippe Piguet, Commissaire d’exposition bien connu des amis de la Fondation, lequel signe magistralement avec le choix de cette rétrospective thématique (et non-chronologique) une immersion en pente douce du visiteur au sein du monde impitoyable et chtonien de Rebeyrolle. Chtonien oui, car l’œuvre de cet artiste incontournable du XX ème siècle surgit littéralement de la terre et semble sortir tout droit des profondeurs pour en rapporter tant la misère que la lumière (miserere et lux).

Qu’il s’agisse de toiles monumentales et paysagères comme La pluie et le beau temps ((1957-1963), Solfatare I (1987), Paysage (1978), La barrière (2000), Les quatre saisons (réalisée pour la salle à manger des Maeght en 1967) ou encore de tableaux plus torturés telle la série des Implosions ou encore celle intitulée Germinal, l’art de Rebeyrolle vous ramène sans ménagement à la violence et à la cruauté du quotidien.

Profondément engagé, l’artiste fait de ses toiles le théâtre du monde moderne.

La vie, celle de la politique, de l’or et du pouvoir, du sexe, du souffre, celle des engagements et des désillusions, de la violence et des débattements humains, happe le regard du visiteur jusqu’à le faire trembler. Tremblement accentué également par le biais de la technique irréprochable d’un Rebeyrolle maître parmi les maîtres, en matière d’assemblages hétéroclites et tridimensionnels des plus audacieux.

Derrière le premier choc visuel, surgit l’émotion.

Quelle soit teintée de hardiesse (à l’instar des poils savamment agencés sur « l’origine du monde » de la toile Hommage à Courbet, 1987), de résistance (Le sanglier, 2001) ou encore d’indignation (Le petit commerce, Soldes, Bacchus embêté par les chiffres), l’exposition présentée à la Fondation Salomon en découd avec l’existence de manière frénétique et engagée. Avec humour aussi. Cet humour piquant et salvateur, signe de « politesse du désespoir » selon Freud, qui permit à l’artiste de résister contre les crises et les aberrations de notre (soi-disant) moderne société…

Plus…

*Références de l’illustration en tête d’article :

Le petit commerce - le monétarisme, 1999
Technique mixte sur toile
200 x 300 cm
Photo : © Michel Nguyen
courtesy Galerie Claude Bernard

Les crédits photos et courtesy du portfolio sont consultables dans le dossier de presse téléchargeable ci dessous.

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