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Rendez-vous à ne pas manquer

mardi 12 mars 2019 par Anne Von Klüz CC by-nc

À la moitié des vacances d’hiver, le Brise-Glace n’annonce pas complet ce samedi soir, bizarre que ce ne soit pas sold-out mais les gens préfèrent sans doute dévaler les pistes plutôt que déboucher leurs oreilles.

tRuckks

Ce sont les quatre jeunes de tRuckks qui assurent la première partie et lancent les hostilités. J’avoue avoir écouté rapidement avant le concert, pas vraiment ma tasse de thé mais en live, je suis rentrée dedans.

Le son lourd et la voix du chanteur type metal contraste avec sa silhouette frêle. Je capte quelques bribes de leurs paroles en français. Des morceaux qui burinent mais avec des breaks. Leur aisance sur scène malgré leur très jeune âge est surprenante, le chanteur n’hésite pas à aller au contact du public, il saute et chante dans la fosse. Le quatuor vient de sortir son premier album Autophage titre bien trouvé qui justifie peut-être la dominante de lumières rouges pendant leur set. On ne s’est pas autodévorés mais allons vite nous autodésaltérer avant Rendez-vous.

Rendez-vous

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Ils commencent à deux sur scène avec un premier morceau assez martial, sans guitare ni basse, juste une rythmique, des nappes et le chant. Une entrée en la matière dense, répétitive et hypnotique, presque indus, ça plante le décor.
Le groupe estampillé post-punk ou synthpunk a récemment sorti son premier album Superior State et enchaîne les morceaux ultra efficaces en live grâce à une partie rythmique double ( acoustique & électronique), tout comme le chant souvent à deux voix, une basse très en avant et des riffs de guitare plus mélodieux et prégnants.

Est-ce qu’ils veulent nous amener à un « état supérieur » ou plutôt à un état second à grands coups de lumières stroboscopiques ? Un concert de sensations plus que d’émotions.

Les points culminants ont pour moi été le tubesque « Sentimental Animal » où l’ambiance dans les premiers rangs était comme un lâcher de chevaux au galop. C’est l’impression que me fait ce morceau, ça cavale, ça s’emballe, ça te donne un coup de fouet et l’envie d’une course effrénée sans rênes.
Autre mention spéciale pour « Double Zéro » avec sa guitare acérée, les synthés ambiance maison hantée, le chant scandé alterné avec des voix chuchotées. « Double Zéro » c’est la double claque avec sa structure qui va crescendo, d’une puissance qui pousse vers la frénésie. Ça te monte au cerveau, tu secoues la tête de haut en bas, de gauche à droite... Le clip, déconseillé aux épileptiques comme l’avertit le message du début , vaut le coup d’œil avec ses gros plans et des vues microscopiques sur de la viande, un clip haché menu au montage saccadé qui permet en plus d’apprécier les paroles.
C’est d’ailleurs peut-être le petit bémol, le chant noyé dans beaucoup d’effets, conduit à ce que l’on perde un peu en émotions.

Le groupe enchaîne les morceaux à grosse artillerie mais on reprend un peu son souffle sur « Lakes » avec la guitare acoustique. La nuance est appréciable mais sera de courte durée, les premières notes du tube « Distance » réduit à nouveau l’espace de la fosse et rapproche nos corps pogotants. Le public connaît les paroles et chante tout en se bousculant « the distance between you and I ».

Ils clôturent leur set avec un morceau plus progressif mais néanmoins intense, avec de longs passages instrumentaux. Un beau final sombre comme une tempête sonore qui gronde, s’amplifie jusqu’à une accalmie avant le coup de tonnerre final.

Un concert passé à la vitesse de l’éclair comme un rencard où l’on ne s’est pas ennuyé, sans temps mort.

Toutes photos © Lionel Fraix

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