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Sylvain Luc et l’art des sons

mardi 10 octobre 2017 par Jean-Pierre Biskup CC by-nc

Le guitariste Sylvain Luc jouait avec le grand et fameux accordéoniste Richard Galliano dans le cadre des Estivales en Savoie 2017 à Chambéry pour un hommage à la chanteuse Édith Piaf et à l’accordéoniste Gus Viseur. L’occasion de discuter musique avec un géant de la guitare, et pas seulement dans le jazz. Rencontre avec un musicien d’exception.

Pour présenter Sylvain Luc en quelques mots, on peut dire qu’il est une référence de la guitare au niveau national, et au niveau international. Il a joué avec beaucoup de grands noms de la musique dans différents styles musicaux. Il fait partie des plus talentueux guitaristes et de ceux qui font vraiment avancer l’instrument grâce à son approche unique. Dire qu’untel ou untel est le meilleur guitariste du monde n’a pas vraiment de sens. Mais quand on parle de Sylvain Luc, on peut peut-être le dire.

Pour commencer, bonjour et bienvenue en Savoie !

Bonjour, et merci !

Peux-tu parler du projet que vous allez présenter ce soir avec Richard Galliano ?

Le projet que nous allons présenter ce soir à Chambéry avec Richard Galliano est un projet autour des compositions d’Édith Piaf et Gus Viseur (accordéoniste qui a accompagné la Môme), parce que nous avons enregistré La vie en rose, un disque hommage à Édith Piaf et Gus Viseur sorti en 2015 car c’était le centenaire de leur naissance. On a fait beaucoup de concerts avec Richard et on continue d’en faire. Ce projet s’est un peu étendu. Par exemple, on peut ajouter des compositions de Richard ou des compositions d’autres musiciens. On joue ce qui nous passe par la tête. C’est un projet très souple qui bouge tout le temps, on ne joue jamais deux fois la même chose. Le matériau de départ ce sont les compositions d’Édith Piaf, sur lesquelles on fait des arrangements différents à chaque fois. On prend beaucoup de plaisir à jouer, et on a déjà fait beaucoup de concerts un peu partout dans le monde. Avec Richard, on est toujours très heureux de se retrouver…

Ça se sent à l’écoute… Parlons guitare maintenant. Quand on t’écoute jouer de la guitare, on entend beaucoup de choses, des influences de différents styles musicaux, des approches de différents instruments… Peux-tu dire ce qui t’a influencé musicalement à travers toutes ces années ?

Mais dis-m’en plus. Tu entends beaucoup d’influences… Quelles influences tu entends ? C’est ça qui m’intéresse. Je vais te dire d’où je viens, mais quelles influences tu entends, toi ?

C’est vrai d’abord que tu as l’étiquette « jazz »… On sent qu’il y a le jazz, mais on sent aussi qu’il y a autre chose que le jazz… On sent par exemple des musiques traditionnelles, des musiques du monde, même un côté un peu rock parfois… On sent aussi que dans ton jeu, tu essaies de retranscrire d’autres instruments sur la guitare au niveau du rythme, de l’harmonie, de la mélodie…

Écoute, tu as raison avec tout ce que tu viens de dire (rires)… Il y a toutes ces influences-là… Je viens en fait d’une famille de musiciens avec notamment un frère aîné qui a 14 ans de plus que moi qui a été un peu comme mon père spirituel au niveau de la musique… Et aussi mon autre frère qui malheureusement n’est plus, et qui a beaucoup compté aussi… Donc c’est vrai que ça aide quand on arrive dans un environnement musical comme ça, une famille de musiciens. J’ai bénéficié déjà de leurs influences à eux. Donc l’accordéon en premier, sous toutes ses coutures… Mais l’accordéon élégant, parce que mon frère aîné est un très très bon musicien. C’est de l’accordéon avec de l’harmonie, des influences de Marcel Azzola, Richard Galliano… Il est de la même génération que Richard. C’est certainement ce qui m’a influencé en tout premier avec la musique brésilienne sans doute, la musique de Baden Powell que j’écoutais tout petit.

En même temps j’écoutais Frank Zappa, Bach… J’ai eu la chance d’avoir une éducation très large dès le début, c’est une grande chance, et tout m’intéressait. En même temps avec mon autre frère j’étais fasciné par le rythme et les batteurs, j’écoutais en détail et analysais le jeu des batteurs depuis tout petit. Il y a aussi la musique traditionnelle basque, c’est de l’endroit d’où je viens, Bayonne. Le premier disque que j’ai fait avec mes frères, j’avais huit ans, et c’était avec cette musique traditionnelle basque. Tout ça a été très important dans mon parcours. Et en même temps j’ai fait du violon et du violoncelle parce qu’il n’y avait pas de classe de guitare à Bayonne. Et je faisais de la guitare classique en même temps avec des professeurs particuliers. Donc c’était très large… Et en même temps j’étais fasciné par toute cette époque fusion avec notamment John McLaughlin, Pat Metheny, tous les grands guitaristes qui étaient déjà dans la fusion rock et jazz, jazz et rock… Je viens de cette génération-là, avec une influence très forte de la part d’un guitariste plus jazz comme Joe Pass par exemple, mais en même temps Weather Report, Chick Corea, Ravel…

J’ai toujours navigué comme ça avec plein de choses qui m’ont influencé, et qui m’ont certainement influencé pour jouer de la guitare un peu autrement, en tout cas d’avoir une vision autre… Par exemple, j’étais fasciné par Metheny très tôt, donc j’étais un peu dans la mouvance « clone » de Metheny, mais ça m’est arrivé très tôt. Et donc j’ai quitté très vite le fait d’être influencé par un guitariste, de ne voir que par un guitariste, par sa technique… J’ai eu cette chance d’avoir en tête la réflexion d’aller chercher ailleurs, de me nourrir de beaucoup de pianistes par exemple, d’entendre la guitare un peu comme le disait Andrés Segovia en partant du principe que « la guitare est un petit orchestre »… Donc je partais différemment que de me dire que l’accord de neuvième il se fait comme ça dans cette position-là… Je partais différemment parce que j’étais déjà en train d’essayer de repiquer les renversements que faisait mon frère à l’accordéon… Pour la guitare ce n’était pas évident parce qu’il y avait quelques fois des écarts monstrueux, mais je trouvais ça très intéressant de repiquer ses renversements à lui plutôt que ceux venant de la guitare… Après c’est complexe, il y a aussi la question de l’articulation du chant, le fait de se rapprocher le plus possible du chant quand on joue, par rapport au phrasé… J’ai écouté beaucoup de chanteurs… Je sais que ça peut paraître un peu bordélique tout ça, mais j’ai été construit musicalement avec toutes ces influences, et j’en oublie bien sûr…

J’ai toujours navigué comme ça avec plein de choses qui m’ont influencées pour jouer de la guitare un peu autrement, en tout cas d’avoir une vision autre…

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C’est donc tout ce qui t’a influencé à tes débuts et dans ton parcours qui a suivi, ce qui t’a porté et te porte encore… Mais aujourd’hui, après toutes ces années, après avoir bourlingué musicalement avec ton riche parcours musical, qu’est-ce que tu écoutes, qu’est-ce qui t’influence maintenant ?

Tu l’as déjà un peu deviné dans l’impression que tu m’as donnée par rapport aux influences. Alors, je suis toujours fasciné par les musiques traditionnelles, quelles qu’elles soient, du monde… Par les musiques de terre, de danse… Je suis fasciné par ça, et aussi par la musique classique toujours, c’est ce qui me nourrit le plus, et la musique contemporaine. Je ne sais pas si on l’entend dans ce que je joue, mais probablement d’une autre manière, c’est ce qui me nourrit le plus. J’aime toujours le jazz évidemment, mais c’est une musique que j’aime beaucoup écouté « live »… J’en ai écouté beaucoup…

Dans une vie de musicien il y a toujours des cycles comme ça où on écoute énormément, on se nourrit énormément de ce qu’on entend… Et il y a un cycle où on a besoin de passer à une autre étape, où on essaie de développer quelque chose qui semble plus singulier… Chacun est différent, en tout cas pour moi c’est comme ça. Donc j’ai besoin de moins écouter pendant une période, mais c’est cyclique. Ensuite je peux réécouter de la musique, Dutilleux ou je ne sais pas qui encore… J’ai besoin de me nourrir de toute façon… Mais voilà, ça passe par des cycles où j’écoute et où je n’écoute pas du tout, surtout pas moi. Je ne me réécoute jamais. Il y a des gens qui ont besoin de se réécouter beaucoup par souci d’exigence, de faire mieux, mais je ne fonctionne pas comme ça.

Ce que tu viens de dire peut être révélateur du fait que tu es connu et reconnu comme improvisateur également, spécialiste de l’improvisation. Et justement, quelle est ta définition personnelle de l’improvisation ?

Ce serait, je pense, jouer avec le plus de fraîcheur possible dans l’idée de faire de la composition instantanée. Avoir toujours l’idée de construire dans la fraîcheur. Ce qui est tout un problème quand on est musicien parce qu’en fait, tous autant qu’on est, on a tous nos savoir-faire, nos plans… Et il s’agit donc de déjouer ces plans-là pour être en phase avec quelque chose qu’on improvise vraiment. Il y a toujours la question de savoir si l’improvisation c’est de l’application, par exemple appliquer quelque chose par rapport à un standard de jazz, appliquer une manière de jouer, ou alors être au plus proche de la mélodie initiale qui est le chant, le thème… La question se pose… Et il y a toujours aussi ces moments de « gloire » où le guitariste va jouer ses plans pour briller, par virtuosité… Des plans qui sont souvent des redites… Mais c’est quelque chose de compliqué car ce sont des redites qui constituent aussi la singularité et le côté unique d’un musicien… Quand j’improvise, j’essaie de jouer ce que je n’ai pas joué. J’essaie. Mais ce n’est pas évident… du tout !

Quand j’improvise, j’essaie de jouer ce que je n’ai pas déjà joué. J’essaie. Mais ce n’est pas évident…

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Voici une question que j’aime bien poser car elle paraît simple, mais à chaque fois les réponses sont différentes… Quelle est ta définition de la musique ?

Il y en a une que je trouve magnifique qu’on retrouve dans la Théorie de la musique de Danhauser : « la musique est l’art des sons ». Je trouve ça absolument intemporel. L’art des sons. Ça me va très bien !

Concernant ton rapport à la musique et à la guitare, tu as atteint un tel niveau et touché à tellement de styles musicaux qu’on peut se demander comment tu peux progresser, évoluer… Vers quelle direction, évolution, penses-tu aller désormais ?

Il y a des milliards de manières d’évoluer. Il y a le son, qui est un gros chapitre. Quand je parle du son, je parle du son sur une guitare acoustique, je ne parle pas d’effets, ça c’est un autre chapitre. Pour moi le son il est là (il montre ses mains, ses doigts), il doit se sculpter, d’une manière bio ! (rires) Et après si on veut rajouter des choses dessus, on peut. Mais le son est, en tout cas pour moi, quelque chose de très très exigeant. Il doit constituer quelque chose en éveil et en progression constante. Quelle idée du son on a, est-ce qu’on veut le salir, le rendre plus beau, plus joli… Ces questions se posent, et ça permet d’avoir un éventail, de pouvoir jouer avec différents timbres…

Ce qui est génial dans la carrière d’un musicien, c’est qu’en fait il s’aperçoit qu’à chaque fois qu’il fait un petit pas vers sa propre découverte, il s’aperçoit de l’ampleur des dégâts, c’est-à-dire qu’on n’a jamais fini… On a toujours un truc à développer…

Encore faut-il avoir une certaine ouverture d’esprit pour cela, car certains restent cantonnés à un style, une direction…

Cela peut marcher aussi, chacun est différent…

Il n’y a pas de formule…

Exactement, il n’y a pas de formule magique. La mienne, c’est d’essayer de me renouveler sans cesse. Ça pourrait être aussi ma définition de l’improvisation. Se renouveler sans cesse. Et pour cela, il faut se nourrir, mais pas que de musique. J’ai besoin d’aller voir une exposition de peintures, de faire autre chose, d’aller dans la forêt, tout ça m’inspire… Ça inspire de la musique. J’entends de la musique dans plein de cas où les gens n’en entendent pas forcément… Il y a des milliards de choses qui me restent à faire, des milliards… Et puis il y a la notion de partage avec les musiciens, avec des musiciens que je ne connais pas et avec qui jouerai… La notion de partage dans la musique est quelque chose d’inouï, de fantastique quand on arrive vraiment à communiquer, communier avec la musique… Je pense qu’il n’y a pas d’équivalent dans d’autres arts… Le fait de se connecter comme ça et d’arriver à être en osmose… Le fait de se comprendre à la fois rythmiquement, harmoniquement, mélodiquement, c’est tout un bordel, c’est quand même compliqué ! (rires) Cela veut certainement dire qu’il faut essayer d’avoir la meilleure compréhension possible de ce qu’on est en train de jouer sur le moment.

Comment vois-tu l’avenir de la guitare ?

Je pense que c’est un instrument très jeune encore. Il y a des milliards de trouvailles à faire. Pas seulement au niveau technique. Je pense aussi à la maîtrise du son. On a déjà fait beaucoup de choses avec la guitare, on est déjà allé loin, mais je suis persuadé qu’il y a encore beaucoup de choses à faire.

Quelle serait la guitare de tes rêves ?

La guitare de mes rêves ? Je ne suis pas dans ça, je ne suis pas dans le fétichisme d’instruments… Je travaille avec la marque Godin depuis des années, j’ai plein de guitares différentes chez moi… L’instrument n’est pas le plus important. Pour moi l’instrument est ou outil, un outil à faire de la musique. Instrument de rêve ? Ma femme (la guitariste Marylise Florid) a un instrument de rêve, une guitare Friederich, guitare classique fantastique… Il y a plein de luthiers fantastiques de par le monde, j’en rencontre beaucoup qui viennent me voir et qui me montrent leurs instruments. J’ai énormément d’admiration pour les luthiers, ces gens qui façonnent et sculptent des guitares. C’est un métier d’une noblesse incroyable. J’ai essayé de magnifiques guitares. Des magnifiques instruments, il y en a beaucoup. Difficile de répondre à cette question !

Tu as déjà joué avec beaucoup de monde. Quels sont les musiciens avec qui tu aimerais ou aurais aimé jouer ou enregistrer ?

J’aurais aimé faire quelque chose avec Elvin Jones car on a eu un contact assez rapide mais très fort, très marquant. Cela aurait pu se faire, sauf qu’il est tombé malade… J’aurais vraiment aimé ça, qu’on fasse quelque chose, qu’on aille plus loin que ce qu’on a partagé… Aujourd’hui j’aimerais bien faire quelque chose avec un musicien comme Larry Goldings par exemple… Je ne sais pas, Keith Jarrett... Et certainement plein d’autres noms pourraient me venir à l’esprit… Mais en fait je ne pense pas comme ça, je ne pense pas de cette manière-là. Pour moi les rencontres, ce sont les rencontres que l’on fait. C’est à soi de faire qu’on profite au maximum de la rencontre que l’on fait avec la personne avec laquelle on joue, ou les personnes avec lesquelles on joue.

Pour moi, j’ai déjà plein de rêves réalisés, ça a commencé très tôt. Par exemple de pouvoir jouer avec Al Jarreau très tôt… Quand je suis arrivé à Paris, un de mes rêves c’était de jouer avec André Ceccarelli, et j’ai joué avec lui presqu’en arrivant à Paris… Ça, ça fait partie des rêves déjà réalisés.

Je te pose cette question car il me semble avoir lu ou entendu qu’il y avait eu des projets possibles avec des guitaristes comme Jeff Beck, et Allan Holdsworth qui a malheureusement disparu il y a quelques mois...

Oui, c’est vrai. Effectivement. Un jour je joue au Sunset à Paris, et il y avait dans le public Allan Holdsworth. Je vais le voir car je suis fan et j’adore ce mec, et je suis touché qu’il vienne m’écouter. Et il m’a dit ce truc très beau : « C’est toi qui es en train de faire ce qui se passe après ! ». Quelques années après, je le croise au festival de jazz de Montréal et je lui dis que j’aimerais bien qu’on fasse un truc ensemble un jour. Et il m’a répondu tout simplement : « Non non, tu n’as pas besoin de moi ». Je lui dis que ce n’est pas une question d’avoir besoin de lui, mais que j’aimerais vraiment qu’on puisse faire de la musique ensemble un jour, mais il me répond non. Il y a quelques années, j’ai lu une interview de lui par Félix Marciano, où on lui demande quels sont ses guitaristes préférés. Et donc il en parle, et il me cite dans ses guitaristes préférés ! Ce qui est absolument démoniaque ! Et en disant qu’il avait décliné une invitation que je lui avais faite, en disant qu’il ne se sentait pas qu’on puisse jouer ensemble. C’était quelqu’un de très humble, voire même très difficile avec lui-même.

Jeff Beck, j’ai pas osé lui demander. Je l’ai vu plein de fois, mais je n’ai pas osé finalement… Je n’ai pas osé lui dire « Hey Jeff, tu viens faire un disque avec moi ? » (rires)

Je crois qu’il aime bien passer du temps avec ses voitures…

Oui… C’est vrai qu’à une époque j’avais ça en tête. C’est vrai que j’ai aussi un côté rock’n’roll qui est bien là. J’aurais bien aimé… Il aurait fallu que ça soit plus simple, que ça se fasse plus simplement… C’est vrai que je n’ai pas poussé non plus… Je le connais Jeff… J’avais émis cette idée dans un article il y a quelques années… J’aimerais bien, mais je ne sais pas si ça se fera.

Qu‘est-ce que tu préfères à la guitare ? Guitare acoustique ? Guitare électrique ? Cordes nylon ? Cordes acier ? Ou cela t’est égal ?

Pareil ! Ce qui est génial dans la guitare c’est justement que tu as droit à plein de timbres en sachant que chaque guitare nécessite une technique. Je trouve génial d’avoir la possibilité d’un horizon total. Chaque guitare est un monde.

Chaque guitare est un monde.

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Quelles guitares et quel matériel utilises-tu actuellement ?

Pour les guitares électriques, je joue avec une Montréal Première Godin, ou une 5th Avenue Jazz de Godin. Pour les acoustiques, électro-acoustiques, je joue avec une La Patrie Hybrid avec un micro à l’intérieur, et quand je joue avec Richard par exemple il y a aussi un micro devant.

Question plus technique… Que préfères-tu ? Jeu aux doigts ? Jeu au médiator ? Les deux ?

Les deux. Tout ça c’est une histoire d’intention. Ça dépend de ce que tu veux faire passer. Déjà j’ai travaillé quelque chose qui est un travail de fou d’ailleurs : j’ai essayé d’obtenir le même son avec les doigts qu’avec le médiator sur un instrument acoustique. Donc sur un instrument électrique ça marche aussi. Ce qui m’intéresse c’est que le son donné avec les doigts soit le même que le son avec le médiator. Mais je me sers des aspérités, ce qui m’intéresse aussi c’est de pouvoir salir le son. Je peux salir le son d’une manière avec le médiator et d’une autre manière avec les doigts.

En gros, on a différentes voix sur la main droite, on peut avoir accès à différentes voix avec la main droite, ce qui n’est pas le cas avec le médiator. Le jeu au médiator est plus monophonique dans l’idée en tout cas, que la polyphonie au sens large qu’on peut trouver avec le jeu aux doigts avec des voix différentes.

Quels sont tes projets actuellement et à venir ?

Il y a plein de choses en chantier ! Il va y avoir un album produit et réalisé par Richard Bona dans la veine du premier que j’ai fait en solo, Piaia. On va partir de là, ce sera plus acoustique. Et il y a un autre album que je suis en train d’enregistrer aussi, un album avec des pédales d’effets, exactement l’inverse, que de l’électricité, c’est Renaud Letang qui va le produire, le réaliser. Je ne sais pas comment ça va évoluer dans la mesure où je leur ai vraiment confié la réalisation !

Il est très possible que le projet avec Richard Bona soit plus conséquent car il y aura certainement un quatuor à cordes, des idées et des choses qu’il va ajouter avec différents arrangements et différents arrangeurs, mais à partir de ce qu’on a enregistré. Mais ça lui appartient !

Et c’est pareil avec Renaud Letang. Je joue tout avec de la guitare électrique et des pédales, que ce soit guitares, basses, percussions… Ce qui va se greffer dessus, je ne sais pas, surprise du chef !

Il y a aussi un projet avec André Ceccarelli (batterie), Hadrien Féraud (basse), et différents chanteurs. Tout ne va pas sortir dans le même mois ! (rires) Mais il y a plein de choses qui se préparent et qui se font.

Merci à toi Sylvain !

Merci !

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Les commentaires de cet article

  • Le 11 octobre à 16:25, par Isabelle Mermillod-Blondin En réponse à : Sylvain Luc et l’art des sons

    L’Auditorium Seynod accueillera Sylvain Luc et les frères Chemirani, jeudi 16 novembre 2017 à 20h30.

    Ensemble, ces trois solistes virtuoses nous ouvriront leur carnet de voyage. Ils arpenteront les routes de la méditerranée jusqu’au Moyen-Orient et nous dévoileront une musique envoûtante faite d’héritages, de rencontres et de rêves.

    En 1ère partie de concert : Alice Perret
    Improvisation jazz métis oriental