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Euphorique, le spectacle 3 en 1 !

dimanche 3 mars 2019 par Jean-Pierre Biskup CC by-nc

L’Espace Culturel Jean Blanc à La Ravoire accueillait vendredi 1er février le comédien et humoriste Bruno Salomone pour son dernier spectacle intitulé Euphorique. L’occasion de découvrir sur scène un artiste aux multiples facettes proposant un spectacle riche, drôle, à plusieurs lectures possibles, avec une forme originale ! Rencontre avec un artiste qui sort de l’ordinaire.

La rencontre a eu lieu avant le spectacle... La soirée a été une réussite avec une salle remplie à fond et un public bien réceptif et hilare...

Bonjour et bienvenue Bruno ! Est-ce que tu peux nous parler de ton spectacle Euphorique en quelques mots, car il semble particulièrement original, ça change de ce qu’on a l’habitude de voir, et c’est différent de ce que tu as pu faire auparavant. Peux-tu nous en décrire le concept et nous dire comment il est venu ?

Je ne voulais pas refaire un one man show classique, ni faire une pièce de théâtre non plus, ni faire un stand-up, alors je me suis dit si je pouvais faire un 3 en 1, un mélange des 3 ! C’est la mode des 3 en 1, les shampooings 3 en 1, tout est 3 en 1 (rires)... Et j’avais surtout envie de raconter une histoire, et aussi de trouver des situations comiques fortes à chaque fois. Dans mes précédents spectacles, chaque fois que je faisais un nouveau personnage, je pensais à une nouvelle situation, mais les sketchs n’étaient pas liés les uns aux autres. Là je me suis dit que ce serait intéressant d’avoir la même chose, si possible avec la même efficacité, tout en ayant un fil conducteur. Ce fil conducteur est ce personnage qui s’appelle Goleri qui est un enfant atteint d’euphorie permanente. Il a le rire compulsif et il rit à tout. On peut se dire a priori que c’est la vie idéale car on se marre tout le temps. Sauf que là ça va devenir un enfer, surtout par ce que ça va provoquer chez les autres. Cela va être presqu’un parcours initiatique, car on part de son enfance, petit à petit il se découvre, et il devient pas du tout ce qu’on croit... Un moment il va devoir entrer dans la vie active car il devient un homme... Mais je n’en dis pas plus pour laisser la surprise...

J’ai entendu qu’il y avait dans ce spectacle quelque chose comme 43 personnages en 1h30 environ, c’est ça ?

Oui, mais mon idée ce n’était pas de faire un record ! Je ne m’en suis pas rendu compte au début d’ailleurs. Je pensais qu’il y en avait une quinzaine... Et après je me suis amusé à les compter par curiosité, et il s’avère qu’il y en a 43... Je ne dis pas tout, mais il y a aussi un petit festival de nouveaux personnages à la fin. Mais ici c’est vraiment l’idée de raconter quelque chose plus que celle de performance ou de record.

J’ai l’impression de t’avoir déjà entendu cette semaine car j’ai vu le Burger Quiz... D’ailleurs comment on peut te qualifier en tant qu’artiste ? Plus comédien ? Plus humoriste ? Plus créateur au sens large ?

Moi ce que j’aime, c’est raconter des histoires, jouer, jouer des personnages, embarquer les gens dans des choses qui les sortent de leur quotidien quel qu’il soit. Là par exemple j’écris un livre qui va sortir en avril où je raconte une histoire assez barrée. Il y a aussi un film d’animation que j’ai écrit en préparation. J’ai plein de projets différents, j’aime bien faire différentes choses, varier les plaisirs, réussir à me surprendre, c’est excitant !

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Bruno Salomone - Espace Jean Blanc@la Ravoire, février 2019
© Sylvie Chareun

Moi ce que j’aime, c’est raconter des histoires, jouer, jouer des personnages, embarquer les gens dans des choses qui les sortent de leur quotidien quel qu’il soit.

Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir artiste, à créer ? L’envie de faire rire, de divertir ?

Ma première passion, c’est vraiment le one man show. J’étais fan de Kakou, Coluche, Desproges, Dupontel, tout ça... J’ai vraiment baigné là-dedans. Petit, je les écoutais tous. Ils m’ont tous inspiré même s’ils sont tous différents. J’ai fait ma mayonnaise avec tout ça, j’ai pris différentes choses de chacun, c’est comme ça aussi qu’on se fabrique. Je peux citer aussi Louis de Funès, Bourvil, Fernandel, Jean-Pierre Marielle... Tous ces mecs-là m’ont inspiré, j’ai l’impression qu’ils font partie de ma vie. Je peux rester bloqué pendant deux heures devant Les Galettes de Pont-Aven avec Marielle... Il y a un truc qui dépasse l’entendement, ce sont des gens qui laissent quelque chose... Un mec comme de Funès, je pense que c’est à vie ! Le niveau de Louis de Funès en burlesque reste inégalé, c’est vraiment du grand barré, car jouer du violon avec son nez, il faut le faire ! (rires) Même quand on regarde des grands comiques italiens qui sont vraiment extraordinaires, ils ne l’égalent pas.

Quand tu es petit et que tu vois les adultes se marrer, tu te dis qu’il y a un truc qui connecte. C’est pour ça que c’est aussi le thème du spectacle, le rire est une forme de langage. Tu te retrouves avec une tribu aborigène, tu arrives à les faire rire, ou eux arrivent à te faire rire, et tout de suite il y a une complicité qui se crée ! C’est un langage universel, c’est magique !

Le rire est le propre de l’homme... Je ne sais plus de qui c’est par contre !

Ben ça, c’est machin ! (rires)

D’ailleurs, est-ce que tu as lu le livre intitulé Le Rire ?

Le Rire de Bergson, c’est ça ? Alors pour la citation, tu me mets un doute... Descartes, non ? Ah, je pense que c’est Rabelais en fait !

Spontanément tu as cité pas mal de tes influences artistiques, en particulier françaises. Qu’en est-il des influences venant d’autres pays ?

Avant dans tous mes spectacles il y avait Eddie Murphy. Il fait partie de moi, de mes premières imitations, il était dans mon tout premier spectacle au Palais des Glaces où je fais carrément un hommage à Eddie Murphy. Les stand-up d’Eddie Murphy c’était pour moi une claque en termes d’énergie, même si je ne comprenais pas tout. À l’époque j’avais pu voir les DVD, mais ce n’était pas sous-titré en français, alors va comprendre tout quand tu n’es pas bilingue, surtout dans l’humour. C’est juste l’énergie du gars qui me sidérait. Aujourd’hui, je suis fan de Ricky Gervais, Chris Rock j’aime bien, Dave Chappelle... Il y en a pas mal que j’aime bien et qui apportent un ton nouveau, ils apportent autre chose, le sarcasme. Le sarcasme qu’on a du mal à pratiquer en France...

Certainement un problème de différence de culture ?

Oui peut-être, je ne sais pas. Je suis assez friand de ça, peut-être moins que quand j’étais gamin. Aujourd’hui l’avantage c’est qu’on a accès à beaucoup plus de choses, avec par exemple Netflix ou différentes plateformes et bases de données...
Je suis attiré de plus en plus par la fiction, les films d’animation, les trucs de Pixar comme Coco et Vice Versa, ça me passionne... Coco c’est un chef d’œuvre, il y a plein de niveaux de lecture. Un gamin le prend comme un simple dessin animé rigolo. Mais on parle quand même de la vie, de la mort, de la vie après la mort, plein de sujets qui sont profonds... Un adulte qui voit ça, il voit donc autre chose... Et moi j’adore ça quand il y a plein de niveaux de lecture.

Dans mon spectacle, je pense qu’il y a plusieurs niveaux de lecture. On peut prendre le truc au premier degré ou pas. D’ailleurs à la fin, je fais des commentaires sur le spectacle... J’aime quand un spectacle peut être vu sur plusieurs niveaux de lecture !

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Bruno Salomone - Espace Jean Blanc@la Ravoire, février 2019
© Sylvie Chareun

J’aime quand un spectacle peut être vu sur plusieurs niveaux de lecture !
 

Quels sont tes prochains projets ? Tu parlais d’un film d’animation, d’un bouquin...

Le bouquin s’appelle Les Misophones, ce sont des gens qui ont un problème avec certains bruits, comme par exemple le bruit des gens qui mastiquent un chewing-gum ou qui mangent du pop-corn au cinéma... Je raconte l’histoire d’amitié de deux gars qui souffrent de misophonie, qui vont se rencontrer là-dessus, et qui vont aussi se détester... Le film d’animation, pour l’instant ce n’est pas signé, donc je ne peux pas trop en parler car je suis assez superstitieux. À chaque fois que j’ai parlé d’un projet qui n’était pas encore signé, il n’a pas vu le jour ! (rires) Sinon j’ai tourné des films, j’ai plein de choses qui vont arriver... La télé aussi... J’ai tourné un film qui est un peu plus sérieux aussi qui va sortir en avril normalement, où je joue le père d’un gamin qui a tué un SDF...

C’est ton Tchao Pantin en quelque sorte ?

Ouais ! Dès qu’il y a un comique qui fait un film dramatique on dit ça !

Je taquine, c’est fait exprès !

C’est génial, ça veut dire que Coluche a été précurseur là-dessus. Mais j’ai l’impression qu’aujourd’hui on se pose encore ce genre de questions en France, alors que les anglais et américains ne se posent pas cette question. À partir du moment où tu es comédien, normalement tu peux aller autant dans le drame que dans la comédie. On dit que le drame c’est plus facile que la comédie. Mais si tu peux faire la comédie, a priori tu peux aller dans le drame. Par contre l’inverse n’est pas forcément systématique. Il y a des comédiens qui sont connus dans le drame, je ne vais pas balancer, qui ne vont pas forcément réussir à être drôles ! (rires)

Des noms, des noms !

L’idée c’est d’être crédible, d’être sincère, quelque soit l’émotion...

Concernant Burger Quiz, tu ne devais pas y participer comme invité sur le plateau ?

Je devais le faire, mais chaque fois je ne pouvais pas car j’étais en tournage justement ! Cela fait deux fois que je loupe leur proposition mais on va voir... C’est une histoire de planning !

Le Burger Quiz c’est une histoire qui semble bien partie pour durer encore ?

Je ne sais pas ! Chaque fois c’est par saison, on verra !

Comme beaucoup, on t’a découvert avec les Nous Ç Nous... Vous vous voyez encore ? Il y a des projets en commun ?

Ouais ! On a fait un film avec Manu Joucla, avec tous les Nous Ç Nous dedans, qui s’appelait Un Incroyable Show qui devrait passer prochainement à la télé. On est potes, on est potes à vie, c’est la famille, la mifa comme on dit !

Cela fait un moment que tu tournes avec ce spectacle ?

Cela fera trois ans en avril et là je suis en train d’en écrire un nouveau...

J’imagine que tu cherches un nouveau concept pour ton prochain spectacle ?

Pour l’instant je ne peux pas trop en parler... Ce sera un autre genre... Mais ça ne sera pas une histoire, ça sera un genre nouveau aussi, j’ai envie d’innover...

Un hybride ?!

J’aime bien les hybrides !

Une chimère ?!

Pour moi l’art naît des mélanges, c’est la fusion... C’est bien de ne pas se cantonner à toujours faire la même chose... La fusion c’est la rencontre, c’est ce qui nous influence, c’est l’autre !

Image d’emblème de l’article ©Sylvie Chareun

Portfolio

Espace Jean Blanc@la Ravoire, février 2019 Espace Jean Blanc@la Ravoire, février 2019 Espace Jean Blanc@la Ravoire, février 2019

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