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Hivernales 2018

Pop hivernale sur Nyon

jeudi 5 avril 2018 par Olivier Dutertre CC by-nc

Soirée phare du festival hivernal de Nyon, dans son versant PopRock. La venue de Girls in Hawaii était un moment de retrouvailles pour un bon nombre de membres du public, chaleureuses mais non dénuées d’une certaine mélancolie.

The Deadline experience

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The deadline experience - Salle communale@Nyon, février 2018
© Christophe Losberger

Le groupe Nyonsais nous a livré un chouette set, marqué par la belle prestance de son chanteur leader Romain Gomis, mais devant un public encore un peu clairsemé.

J’étais un peu étonné par le côté presque pop et le recours aux claviers sur certains des morceaux (au regard du souvenir d’une musique plus lourde, stoner que j’avais gardé de l’écoute du premier album). Sans-doute une évolution tout à fait logique du groupe vu le temps écoulé entre les disques du groupe, et en tout cas, une bonne adéquation avec la tête d’affiche.

La montée en pression du set était amenée avec délicatesse et après certains anciens morceaux, d’autres avaient l’apparence de morceaux de bravoure proche de la variété rock, (avec les chœurs qui accompagnent ce style de morceau). La fin de la partie était en apogée avec force distorsion noyée et une batterie massive. Belle ouverture, mise en valeur par des éclairages bien amenés. D’ailleurs les techniciens semblaient vraiment à leur affaire, qui ont réussi à obtenir un si bon son d’une salle qui ne doit pas être simple.

Changement de matériel, le public se densifie à l’approche de la tête d’affiche.
Dans la pénombre qui précède l’arrivée du groupe sur scène, c’est un son de rap qui passe en fond sonore - signe des temps. Un halo bleu pointé vers le public crée une atmosphère aquatique (on retient son souffle).

Girls in Hawaii

Le groupe s’installe avec simplicité et entame le concert par « This light », ballade pianistique radioheadinenne, dans laquelle s’insèrent des notes légèrement fausses et réveuses, avant l’arrivée d’orchestrations de synthé, et d’une batterie synthétique qui seront très présentes pendant une bonne partie du concert.


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Girls In Hawaii - Salle communale@Nyon, février 2018
© Christophe Losberger

L’annonce du morceau « Switzerland », fait un peu réagir dans le public (avec une certaine retenue) et marque une transition vers une séquence d’ancien morceaux assez pop. Le « 9 A.M », morceau inaugural de l’album de 2003 et premier succès public, fait montrer un peu l’engouement encore. Petite incitation à taper dans les mains au passage.

Si le groupe a acquis beaucoup de métier en autant d’années, et s’astreint à des tournée longues et denses (sur lequel le chanteur ironise en invitant les fans à boire une bière au pied du tourbus, avant son départ dans l’heure),on perçoit encore un net plaisir à prendre la scène et échanger avec le public. Loin de toute pose calculée, le groupe a construit dans la durée une œuvre, qu’il aime à faire partager de temps à autre, un peu comme on donne des nouvelles à des amis éloignés.

La suite du concert rebascule dans une esthétique plus dansante, avec des sons de claviers typés années 80 d’« Indifférence ». La boule à facette, comme un clin d’œil signe l’ambiance de cette partie du concert. « Guinea Pig », avec son intro vocale vocodée mais son couplet tout en arpège permet un atterrissage agréable tout en faisant la synthèse des deux esthétiques.

Un court rappel, avec la reprise du « A.M. 180 », de Grandaddy, particulièrement bien executée. Exercice d’admiration de bon aloi pour clôre une belle soirée.

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