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Château Rouge

Contemporary Dance 2.0

lundi 21 novembre 2022 par Val de Sallanches rédacteur CC by-nc-sa

Compte-rendu

Un spectacle de danse de très haute intensité a ravi le public de Château Rouge mercredi 16 novembre, une claque sonore, visuelle et émotionnelle.

Éclats de lumière et explosivité du son : le spectacle Contemporary Dance 2.0 s’ouvre en vous scotchant à votre siège. Hofesh Shechter affirme que la musique est une partie essentielle de son travail. Un écriteau indique « Part I ». Rythmes tribaux, mouvements syncopés. Le groupe de danseurs entraine le public dans une transe qui ne cessera plus jusqu’à la fin du spectacle.

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© Todd Mc Donald

Puis arrive « Part II » avec la mention « feelings » : on s’attend à plus de douceur et d’émotions subtiles. C’est bien le cas, le rythme ralentit, les beats électroniques laissent place à des instruments à cordes, tandis que les danseurs passent de la frénésie à des mouvements plus nuancés. Mais qu’on ne s’y trompe pas : le chorégraphe manie l’art du contraste et de la tension à la perfection et n’a pas l’intention de laisser le public s’installer dans une douce torpeur. La preuve : cette partie pourtant harmonieuse s’achève brutalement par un riff de guitare à vous décoller les cellules ciliées.

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© Tom Visser

« Part III Mother » : le titre pourrait laisser penser à une forme de tendresse mais point du tout : les mouvements se font martiaux et hypnotiques tandis que les haut-parleurs crachent à l’infini un refrain provocateur : « motherf***** ». Hofesh Shechter dénonce la violence du monde à sa façon : ici on traine un corps inerte, là on feint d’en cribler un autre de coups. Dans ses notes d’intention, il nous explique dépeindre « l’impuissance [de l’esprit humain] face à l’oppression et à la pression de soi et de l’extérieur ». Pour le spectateur, c’est l’intranquillité. Tantôt des lumières vives, tantôt la pénombre, à en plisser les yeux pour apercevoir le groupe qui se meut. Par moments, un son démesuré, et l’instant d’après une musique qui s’efface au point de percevoir le souffle des protagonistes.


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© Tom Visser

Et voilà qu’arrive « Part IV », au son de l’Adagio d’Albinoni. Comme si le chorégraphe nous laissait souffler (à l’instar de ses danseurs) après tant de secousses artistico-sismiques. Les danseurs changent de configuration à chaque instant : seuls, en couple, en groupe. D’après le chorégraphe, il s’agit de montrer « un récit des tensions entre le collectif et l’individuel ».

Enfin, « part V » au son d’un inattendu « My Way » de Frank Sinatra. Ainsi s’achèvent les références ironiques à la culture pop, tranchant avec la pureté d’une chorégraphie qui aboutira à une très longue standing ovation pour saluer tant la performance de haut niveau des jeunes danseurs que les intentions artistiques totalement maîtrisées.

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