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Gauthier Toux Trio, les fulgurances du live

jeudi 29 septembre 2022 par Anatholie photographe , rédaction CC by-nc-sa

Compte-rendu

L’idéal pour apprécier son excellent dernier album, The Biggest Steps, est d’assister à un concert du Gauthier Toux Trio. Puis à un autre. Et de continuer.

Rien de plus normal pour un opus jazz, donc basé sur l’improvisation, laquelle n’est jamais aussi réussie que sur scène, lorsque l’état émotionnel de chaque musicien, l’atmosphère de la salle et la réponse du public concourent à créer une alchimie musicale unique, propre au moment et qui ne sera plus jamais la même.

La liberté du live permet toujours aux musiciens d’aller plus loin dans leur exploration des arcanes de chaque morceaux que dans le contexte plus contraint de l’enregistrement en studio, ce qui rend les concerts d’autant plus indispensables pour l’amateur de jazz. C’est particulièrement vrai pour le pianiste Gauthier Toux et ses deux complices, Simon Tailleu à la contrebasse et Maxence Sibille à la batterie, qui font de chaque prestation une nouvelle lecture de leur musique.

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Fin mai à l’AMR de Genève, ils avaient la soirée pour eux, déclinée en deux sets qui leur ont permis de jouer pratiquement tout l’album en prenant le temps de faire monter en puissance chaque morceau et de laisser toute leur place aux solos.
Outre Gauthier collant des bandes de pâte adhésive sur les cordes de son piano afin d’en modifier le son pour jouer « The Biggest Steps », on se souviendra avec délice de « Turning Around » (morceau inspiré par la nécessité de prendre du recul pour trouver la solution à un blocage dans le processus de création), avec un époustouflant solo de contrebasse de Simon Tailleu et des envolées survoltées du trio, ainsi que de « Jenny Wren », splendide reprise de Paul McCartney qui met particulièrement bien en lumière toutes ses qualités.


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Début septembre, c’est dans le cadre du festival Jazz au Peuple, dans la Salle Communale de Nyon plongée dans une atmosphère intime grâce à un jeu d’éclairages tamisés, que le trio s’est plié à l’exercice d’une soirée répartie entre trois groupes (avec mohs. pour la commencer et Ester Poly pour la clôturer), sans possibilité de dépasser le temps alloué.
Plongé dans un clair-obscur propice à la rêverie, on a tout particulièrement apprécié l’aérien « Twelve », composé par Gauthier pour sa femme, mais également les solos de batterie stratosphériques de Maxence Sibille tout au long de ce (trop court) concert.


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L’inévitable frustration résultant, pour le public comme pour les musiciens, de ce set resserré, n’aura fait que renforcer l’envie de retourner les voir dès que l’occasion de présentera, pour goûter encore au plaisir de découvrir une nouvelle interprétation de leur musique.

Comme le disait Sidney Bechet, you can’t keep the music unless you move with it. Le Gauthier Toux Trio l’a parfaitement compris.

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