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Antigel 2022

Hors-sol, poétique des gestes ordinaires

mercredi 16 février 2022 par Olivier Miche photographe , rédacteur CC by-nc-sa

Compte-rendu

J’ai découvert le travail d’Aurélien Dougé en 2017, dans le cadre du festival Antigel avec Sacre. Depuis lors je suis son travail de très près, car c’est à chaque fois une surprise et des instants hors du temps.

Pour l’édition d’Antigel 2022, Aurélien propose en grande première Hors-Sol un spectacle, une performance, une installation, un monde, dans le grand espace de l’ADC à Genève.
Pour cette création il collabore avec le dramaturge Antonio Cuenca Ruiz, le créateur sonore Rudy Decelière, l’éclairagiste Perrine Cado et les danseurs et danseuses Adaline Anobile, Sonia Garcia, Killian Madeleine.
Ce lieu au très haut plafond est habillé de grands rideaux, qui ferment un espace carré au centre de la salle dans lequel évoluent les performeurs.euses, des fils de cuivre sont suspendus du plafond jusqu’au sol, presque invisibles.

Je ne suis pas chroniqueur, mais photographe et j’ai eu la chance qu’Aurélien m’ouvre les portes de l’ADC pour un filage durant lequel j’ai pu faire des photos à ma guise en me rapprochant des performeurs.euses, et je ne peux que l’en remercier.
Après ce shooting particulier, j’ai également assisté à la générale, avec du public cette fois.


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Hors-sol - ADC@Genève, février 2022
© Olivier Miche

Hors-Sol propose une expérience difficile à décrire, tant le ressenti est personnel.
Ce que je peux dire de ces deux moments c’est que j’y suis resté les 3 heures à chaque fois, le public peut entrer et sortir à sa guise, mais suivre le processus intégral a quelque chose de particulier, d’envoûtant, de magique.

Le spectacle proposé est un espace temps durant lequel les performeuses.eurs font des « actions » choisies au hasard au début de chaque représentation, mais préparées à l’avance.
Actions qui peuvent être par exemple, rassembler des marrons disséminés dans la salle jusqu’au centre de celle-ci, jouer avec une lampe de poche suspendue à un des fils de cuivre, rester couché par terre, faire passer du sel dans un entonnoir, jouer avec un miroir, un projecteur. Cet instant où l’un d’eux joue, à l’aide d’une planche de bois qu’il laisse se coucher sur le sol et dont le souffle fait avancer (ou pas) une feuille morte, est d’une poésie infinie.
Tout cela se passe dans le silence, quelques bruits de nature au loin, il faut être attentif aux sons, et ne pas hésiter à aller derrière le rideau, vous pourriez tomber sur Aurélien qui pose des œufs en équilibre sur le sol, Rudy qui allume des allumettes dont le parfum se dégage dans toute la salle.
Les actions sont petites, rien de spectaculaire ici, et c’est tout le sujet, les gestes sont lents, réfléchis, conscients.
Les lumières de Perrine Cado changent durant la performance, en plus de donner des indications de timing, elle créent une ambiance qui change constamment.

Cette création en constante évolution est aussi compliquée à décrire qu’elle est agréable à vivre, je me suis senti comme dans une bulle, dans un autre monde l’espace de 3 heures.
Tout cela étant en constante évolution, d’autres représentations auront lieu, et je ne peux que vous encourager vivement à faire ce voyage.

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