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Un seul mot d’ordre : tous en grève !

samedi 23 avril 2022 par Claire Cholier rédacteur , Sébastien Cholier photographe CC by-nc-sa

Compte-rendu

Les musiciens du Big Ukulele Syndicate ont de la suite dans les idées. Nous le savions déjà. Ils l’ont encore prouvé le 4 mars au Cairn avec leur dernier spectacle : Rêve général. Oui, c’est la m..., oui l’actualité est plombante, oui, il faut faire grève pour protester ; mais il n’y a pas que ça ! Il y a la musique, le rêve, le show, le plaisir de se retrouver sans masque. Laissez-vous prendre par la main et oubliez tous vos soucis !

L’hiver touche à sa fin quand nous arrivons à Lans en Vercors. Il reste de la neige dans la rue. Les gens viennent en famille pour écouter de la musique et se changer les idées dans un contexte plombant. Je me dis qu’il y a un contraste entre le froid qui se maintient malgré tout et la chaleur du ukulele : instrument des îles et j’espère qu’entre les deux c’est le deuxième qui va l’emporter et nous faire oublier cette actualité ukrainienne qui nous a tous plongés dans la sidération.

Et c’est parti : dès le début, on est plongé dans une ambiance chaleureuse (« on n’a pas vu un public debout et un public sans masque depuis plusieurs années »). Ce concert reporté une première fois, puis reporté et encore reporté peut enfin avoir lieu ! : « nous sommes heureux de vous accueillir ». Vous reprendrez bien un peu de ukulele ? Il y en a aujourd’hui au Cairn de Lans ; il y en aura demain à la Bobine de Grenoble ! Et ce ne sera pas le même spectacle. Celui que l’on voit ce soir s’appelle « Rêve général » !

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Big Ukulele Syndicate - Le Cairn@Lans en Vercors, mars 2022
© Sébastien Cholier

C’est un spectacle qui a pas mal tourné, mais pour moi, c’est une première. Les chanteurs et musiciens arrivent en bleu de travail. Ils sont dix, cinq d’un côté, et cinq de l’autre, dans une parfaite symétrie ; avec au milieu deux chanteurs (Marc Balmand et une Valérie Liatard).
L’ambiance est bon enfant, décontractée ! Le tour de chant commence dans un style très cabaret. Les hommes font des chœurs autour de Valérie, ils lui servent de faire-valoir. Les musiciens chanteurs ont la pêche, ils chantent, ils dansent, ils jouent de leurs instruments et en même temps, jouent avec eux, en s’en servant comme d’un jouet, comme d’un objet et en faisant des gestes avec. Marc Balmand adopte le costume de Monsieur Loyal et annonce la couleur : « La machine à rêver vient vous tendre la main. Oubliez vos soucis. C’est le moment d’être heureux ! ». Après deux ans de covid, le public ne demande que ça !
Marc Balmand et Valérie Liatard dialoguent (sur la chanson « Midnight »). Les musiciens viennent sur le devant de la scène au fur et à mesure : ils ont la patate, la banane, le smile. Que sais-je encore ? Ils revendiquent sans se prendre au sérieux. Marc et Valérie avancent tels des marionnettes sur le devant de la scène et il y a un décalage énorme entre leur jeu de scène burlesque, le côté un peu guimauve de certaines chansons et leurs « revendications » syndicalistes. Le public est à fond et en redemande. À la fin du spectacle, le désordre devient général : « c’est la merde en régie ! » Il faut un « kit ukulele d’urgence ! », mais cela n’empêchera pas la panne de son et de lumière. Chaque joueur de ukulele est mis sur le devant de la scène, un bref moment : Mathias interprète un mémorable « Jésus revient ! », Michel parodie Jacques Brel… Et pendant ce temps, le public se marre toujours. Finalement, entre le froid du dehors et la chaleur du ukulele, c’est le deuxième qui l’a emporté. On n’a certes pas entendu de chansons hawaïennes lascives à la Philippe Lavil, mais on a passé un moment chouette et festif. La musique « qui vient du cœur et des tripes » a uni les spectateurs mieux que toutes les idéologies et a permis au public de rester dans une bulle le temps d’une soirée !

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