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Sloks, au coeur du rock’n roll brûlant

vendredi 1er juillet 2022 par Tom Rad-Yaute rédacteur CC by-nc-sa

Compte-rendu

L’amitié franco-turinoise fonctionne toujours. Et Thee Sweeders, hérauts locaux du garage rock transi, invitaient une fois de plus au Bistro des Tilleuls le trio de primitive rock’n roll le plus frappadingue des Alpes : j’ai nommé Sloks. Grosse suée et concert mémorable à la clé, ça va de soi !

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Comme à son habitude, le bistro déborde généreusement et joyeusement de monde lorsqu’on arrive. Trop tard pour voir Thee Sweeders : à peine le temps de saluer quelques têtes connues que, déjà, le gang des Turinois entame les hostilités sur scène. C’est un vrai plaisir de retrouver ce groupe, maintes fois chroniqué dans ces pages et celles de Rad-Yaute auparavant et leur formule minimaliste et inamovible. Les riffs de guitare swinguants et tonitruants de Buddy Fuzz, le tatapoum endiablé de la batterie, derrière laquelle on découvre une nouvelle tête (le bon, espérons, après de multiples changements, en tous cas celui-ci est un sérieux candidat) et les rugissements mélodramatiques de la tigresse Claudia Ivy, avec ce quelque chose de théâtral et de typiquement italien qui fait tout le sel de ce groupe sauvage et très attachant (bondage style !)

Dès les premiers accords, une vague de tressautements irrépressibles saisit le public. Impossible de rester impassible, avec Sloks, on est tout de suite dans le rouge, les compteurs affolés, les voyants qui clignotent et une épaisse fumée qui envahit la pièce, s’infiltre dans les poumons et transforme tout le monde en zombie mutant, suant, suintant, dégoulinant et trépignant. C’est imparable, c’est comme ça, ça ne se discute pas : c’est leur don. Et ça marche à chaque fois.


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Aux avant-postes du pogo : une majorité de filles. Fuck yeah ! Girls to the front ! Il faut dire que, sans message politique explicite bien que de nombreux textes et visuels fassent référence aux violences subies par les femmes, Claudia sur scène est un mouvement Riot grrl à elle toute seule. Elle plante son pied de micro sur les murs, au plafond, n’en finit pas de s’étrangler dans ses câbles et de cajoler, de mimer fellation sur fellation à un micro qui n’en demandait pas tant. Derrière les fûts, le nouveau batteur grimace, hurle, se vide des bouteilles d’eau quasi pleines sur la tête pour conjurer la chaleur étouffante. Dans le feu de l’action, un poing au hasard me heurte l’arcade sourcilière. Les lunettes volent, le sang gicle. Il dégouline, couvre la moitié du visage. Le temps de faire une petite photo de groupe très « horror rock » (malheureusement ratée) devant la scène et je suis exfiltré par Matt, le barman du Bistro, devenu infirmier pour l’occasion. Dans la salle, le tumulte se poursuit. Seul Buddy et sa mèche de cheveux rebelle restent imperturbables au milieu du chaos. Cool, vous avez dit cool ?

Un concert de Sloks, c’est de la danse, du fun mais c’est aussi primaire, violent et cru. Ca atteint un point d’incandescence où l’un devient difficilement discernable de l’autre. Où le rock’n roll devient une expérience cathartique et le concert un rituel expiatoire. Et c’est pour ça que ce petit groupe est très fort et que, un jour, vous devriez peut-être y jeter une oreille.

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Toutes les photos ont été réalisées par Olive LowLightConditions. Merci à lui.

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