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Nevraska,« I left work on my way home Dec. 1st, 1955 »

jeudi 24 juin 2021 par Tom Rad-Yaute CC by-nc

On n’arrête Nevraska pas comme ça. Malgré une conjoncture pas franchement favorable, le duo annécien garde la tête froide, contourne les obstacles, joue serré et présente son deuxième album en temps et en heure.

Placé sous le signe du mouvement des droits civiques US (le bus, Rosa parks), ce nouveau disque est emballé dans une fort jolie pochette en forme d’hommage à la fois à un certain groupe post-hardcore suédois et au graphisme classique des disques de jazz. Jérémy – dit « Kick » – a remplacé Cyril derrière les fûts mais comme il jouait auparavant dans Human side avec Pascal (basse), on reste en famille.

Changement dans la continuité, donc, et on retrouve sans peine sur ce disque la formule explosive et cinématographique qui fait tout le sel et le charme du duo. Joutes rythmiques de haut-vol, tir nourri, répétitions qui font monter une électricité affolante et te traversent de part en part, magnifiée par le son à gros grain forgé dans le studio de Serge Morattel. Les samples – souvent des enregistrements de voix, récits, monologues – font contrepoint et donnent aux morceaux leur caractère narratif. Un peu comme une hybridation sous les auspices de Doppler et de Microfilm, en quelques sortes.


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Mais « I left work on my way home December 1st 1955 » réserve aussi son lot de surprises. Des invités apportent leur touche et diversifient la palette. Sur le morceau d’ouverture aux accents émo-rock, « Nothing to live with the law, c’est la voix de Benjamin Prieur – qui avait été un temps pressenti pour être le chanteur du groupe mais qui est surtout celui de Nurse, autre groupe très marquant issu du même coin. Le duo s’essaye à un morceau délicat et noisy – « A bit more » – avec une colonne vertébrale électronique et un chant féminin aérien. Des gerbes d’un saxo étranglé jaillissent sur le final furieux de « Hornet vision », une guitare bluesy qui fait « Interlude » et porte le récit de Rosa Parks et un chant parlé (bon, ok, c’est moi…) sur le final de « Invisible walls » – morceau ultra efficace et absolument imparable en concert. Dans le sillage des expérimentations de Human side, Nevraska concrétise un peu plus les envies d’ouverture affichées depuis ses débuts.

Loin du lyrisme, des poses ou du formalisme convenu qui sévissent dans les scènes post-hardcore ou post-punk, Nevraska est un groupe libre, qui ne prend ses ordres de personne et n’aspire qu’à faire une musique vivante et vibrante – ou des « ziks cools », comme le dit Pascal avec son sens de la formule lapidaire. « Vous voyez la rage ? Vous voyez la jubilation ? Vous les trouvez difficilement compatibles ? Et pourtant… » dit encore le texte de présentation de l’album… Ce programme, Nevraska le tient parfaitement. Fonce découvrir cette pépite qui crépite.

Nevraska, I left work on my way home December 1st 1955,GabuRecords, Urgence disk, Après vous records)

nevraska.com

  • Nevraska + L’Orchidée cosmique :
    le samedi 26 juin 2021 de 21h30 à 23h30 Le Cercle de l’Eau, Cran-Gévrier

    Nevraska
    (rock prog, noise)

    Duo basse/batterie français formé en 2014, Nevraska vous entraine, vous traine, vous guide, vous console, vous fait vibrer jusqu’à ce que vous en oubliiez vos si nombreux regrets… Le duo triture et modèle une musique post-rockienne intense et mature, tenue par une basse essentiellement jouée en power chord et une batterie aux rythmiques précises, le tout accompagné d’un sampleur et quelques pédales

    https://nevraska.bandcamp.com
    https://soundcloud.com/nevraska-band/sets/nevraska

    L’Orchidée Cosmique
    (one man space fuzz band)
    https://lorchideecosmique.bandcamp.com
    https://youtube.com/channel/UCHudFyWDU3d3m-hHGOIMMPA/videos

    Dans le cadre de Brise d’été, programmation d’été du Brise Glace

    Concert gratuit organisé dans le respect des normes sanitaires.

    localiser

    adresse

    Promenade du Thiou


    Annecy (F)
    complément

    Ⓑ lignes 1 & 7 / arrêt Chorus

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